Petit à petit, AWS construit sa digital workplace pour contrer G Suite et Office

Petit à petit, AWS construit sa digital workplace pour contrer G Suite et Office Depuis deux ans, le cloud américain multiplie les briques de productivité : stockage de fichiers, messagerie, visioconférence... Dernière initiative en date : le rachat de l'app Do.com.

Amazon Web Services (AWS) vient de conclure l'acquisition de Do.com : une start-up de San Francisco qui édite une solution de collaboration en mode SaaS conçue pour rendre les réunions plus productives. Le montant de l'opération, révélée par Techcrunch, n'a pas été communiqué par Amazon qui n'a pour l'heure publié aucun commentaire officiel. Fondé en 2013, Do.com avait conclu une levée de fonds de 2,4 millions de dollars en 2015.

Cette initiative d'AWS est la dernière d'une longue liste visant à construire une suite de productivité digne de ce nom, sur le modèle de G Suite de Google ou Office 365 de Microsoft. L'histoire commence en 2014. Le cloud américain décide de mettre la main sur un service de stockage et partage de fichier, Zocalo. L'outil sera rebaptisé dans la foulée WorkDocs. Comparable à Box et Dropbox Entreprise, il gère les types de document les plus utilisés (.doc, .docx, .xls, .xlsx…) et permet de les annoter et les commenter. La même année, AWS inaugure WorkSpaces, une solution de "Desktop-as-a-Service". L'offre donne accès à une configuration Windows complète, hébergée sur le cloud d'Amazon.

Un socle associant messagerie et stockage de fichiers

Nouvelle étape début 2016, AWS inaugure une messagerie qui sera baptisée WorkMail. Elle est d'emblée compatible avec les principaux clients de mail (Apple Mail, Outlook, et les clients iOS, Android ou Windows Mobile…). Le service intègre également la notion de calendrier. Dans la foulée, AWS commercialise un bundle composé de WorkMail et WorkDocs pour 6 dollars par utilisateur et par mois - avec à la clé 50 Go d'espace de stockage pour la messagerie et 200 Go pour le gestionnaire de fichiers. La digital workplace d'Amazon commence à prendre forme.

La visioconférence inaugurée en janvier 2017

En janvier 2017, AWS ajoute une nouvelle pierre à l'édifice en lançant une offre de visioconférence.  Comparable à Skype, Google Hangouts ou WebEx (Cisco), l'outil, baptisé Chime, gère assez classiquement les communications audio/vidéo, ou par messagerie instantanée. Amazon le présente comme un service avant tout destiné aux professionnels. Disponible en mode SaaS, il est aussi doté d'applications pour desktop (Mac et Windows) et pour mobiles (iOS et Android). Chime s'adosse notamment à Bida : une technologie de visioconférence acquise par AWS en 2016.

Gérer la timeline d'une réunion avec Do.com

Au sein de ce vaste chantier, le récent rachat de Do.com constitue donc le dernier chapitre en date. La start-up apporte à AWS une application collaborative couvrant les principales étapes de gestion d'une réunion : partage des notes préparatoires, de l'ordre du jour, organisation de la réunion en tant que telle, création et envoi du compte-rendu… Le tout s'articule autour d'une timeline permettant d'orchestrer l'enchainement de plusieurs réunions, et le déroulé de chacune.

Fait intéressant, les équipes de Do.com ont manifestement rejoint celles de Chime. Plusieurs salariés de la jeune pousse indiquent en effet travailler désormais pour AWS et Chime sur leur profil LinkedIn. Sur sa propre page LinkedIn, Jason Shah, CEO et fondateur de Do.com, précise avoir pris la tête du Management produit de l'outil de visioconférence. De là à en conclure que Do.com sera intégré à Chime, il n'y a qu'un pas. C'est en tout cas à n'en pas douter une nouvelle étape du virage amorcé par AWS vers la construction de sa digital workplace.

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