Ces start-up qui dérangent les acteurs traditionnels Prêt d'Union : "Nous avons craint un lobbying des banques traditionnelles auprès de l'AMF"

charles egly est le co-fondateur et président du directoire de prêt d'union.
Charles Egly est le co-fondateur et président du directoire de Prêt d'Union. © S. de P. Prêt d'Union

"Créer un système bancaire plus sain et plus transparent" et permettre aux particuliers de "bénéficier de tous les avantages d'un crédit souscrit auprès de [leur] banque ou d'un autre établissement de crédit sur Internet en évitant tous les inconvénients des banques". C'est l'objectif affiché par Prêt d'Union, le leader français du crédit entre particuliers qui a vu le jour en octobre 2009. "Le secteur des FinTech et plus particulièrement celui du peer-to-peer lending est une des lames de fonds qui a le plus gros potentiel dans l'e-business car il s'agit là de révolutionner un secteur gigantesque, la banque, qui n'a connu aucun innovation sur les 20/30 dernières années...", souligne Charles Egly, co-fondateur et président du directoire. De quoi faire grincer des dents les banques traditionnelles, d'autant que la plateforme a rencontré un énorme succès : elle a permis de financer 11 millions d'euros de crédit en 2012 et 43 millions en 2013, et s'est fixé un objectif de 100 millions de crédits en 2014. Aux Etats-Unis, Lending Club, fondée par le Français Renaud Laplanche, s'apprête à entrer en bourse et octroie 250 millions de dollars de crédit par mois.

Avant de créer Prêt d'Union, les co-fondateurs ont pourtant dû passer devant les autorités de régulation françaises, pour faire agréer le service précurseur. "Nous avons craint un lobbying des banques traditionnelles à notre encontre auprès du régulateur (AMF & ACPR)", commente Charles Egly. "Par contre, étant donné l'image très négative des banques auprès des consommateurs, nous ne craignions pas un lobbying négatif de ces dernières à notre encontre via média ou publicités interposés, comme cela a par exemple été le cas pour le lobby des taxis à l'encontre des VTC."

Deux ans pour obtenir l'agrément de l'AMF

Obtenir l'adoubement de l'AMF s'est avéré un véritable casse-tête. Précurseur, Prêt d'Union a dû donner des garanties sur la sécurité de son service innovant. Les co-fondateurs se sont battus pendant plus de deux ans pour finalement obtenir l'agrément d'établissement de crédit de l'AMF. "L'AMF et l'ACPR ont été très dures avec Prêt d'Union en lui imposant des contraintes particulièrement fortes que ne connaissent pas les banques traditionnelles et les plateformes étrangères", reconnaît Charles Egly. Les banques y sont-elles pour quelques chose ? "Nous ne savons absolument pas si elles ont, in fine, fait du lobbying auprès du régulateur", souligne-t-il. Avant de reconnaître que, si l'AMF a imposé à la société "des règles de transparence très fortes ainsi que des critères d'éligibilité des investisseurs-prêteurs (ils doivent être "avertis")", c'est "au final une très bonne chose".

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