Les (nouveaux) géants du gaming mobile Game Insight a su miser sur Android

Fondé en 2010 par Alisa Chumachenko et rentable dès le premier jour, Game Insight pèserait aujourd'hui près de 550 millions de dollars. C'est du moins la valorisation accordée à l'éditeur russe de jeux pour mobiles et réseaux sociaux lors de la levée de 25 millions de dollars, réalisée en début d'année, auprès du fonds d'investissement russe IMI.VC. L'opération devait permettre à l'éditeur de "Mystery Manor" et "Paradise Island" de poursuivre sa croissance à l'international et de diversifier son catalogue de jeux. La société fondée par Alisa Chumachenko a notamment ouvert un bureau à San Francisco et opère une dizaine de studios dans le monde, rassemblant une communauté de près de 140 millions de joueurs. Igor Matsanyuk, fondateur de IMI.VC, annonçait à cette occasion espérer passer de 10 millions d'utilisateurs par jeu à 20 millions d'ici la fin de l'année. 

La première application à générer 1 million de dollars en un mois

Si Game Insight revendique aujourd'hui plus d'une trentaine de jeux sur Android et iOS, la société doit sa position à un pari gagnant, Android. "Paradise Island a été la 'top grossing app' de Google Play pendant plusieurs semaines et a même été la première application à dépasser le million de chiffre d'affaires mensuel sur cet OS", explique Julien Codorniou. En 2012, Game Insight a réalisé près de 90 millions de dollars de chiffre d'affaires, contre 50 millions en 2011.  "Chacun de nos jeux raconte une histoire à laquelle le joueur peut prendre part gratuitement mais pour laquelle il devra dépenser de l'argent s'il veut avancer plus vite, booster ses capacités", expliquait Alisa Chumachenko au JDN. Ces micro-transactions suffisent d'ailleurs à Game Insight qui se différencie de ses concurrents en refusant d'intégrer des bannières pubs. "On ne veut pas altérer la virtualité de nos environnements en y intégrant des publicités. Nous estimons que la qualité de l'expérience de jeu doit nous permettre d'atteindre un ARPU suffisant à pérenniser notre activité", ajoutait Alisa Chumachenko.

"Aujourd'hui, le marché du gaming est complètement global et le succès du russe Game Insight en est une bonne illustration", rappelle Julien Codorniou. D'autant que la société dispose d'un avantage compétitif certain, elle qui peut embaucher cinq développeurs russes pour le prix d'un développeur de la Silicon Valley. On comprend mieux pourquoi Alisa Chumachenko se refuse à tout outsourcing des activités de développement.

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