La GSMA prône l'alliance de la 5G, de l'IoT et de l'IA

La GSMA prône l'alliance de la 5G, de l'IoT et de l'IA Un rapport publié jeudi 21 février 2019 par l'association, à quelques jours de l'ouverture du MWC, souligne l'impact de la combinaison des technologies pour différents secteurs.

[Mise à jour le vendredi 22 février à 14h30] . Pour la GSMA, qui représente près de 800 opérateurs et constructeurs de téléphonie mobile dans le monde, la productivité va être démultipliée par la convergence entre l'informatique et les réseaux de communications. Dans un rapport diffusé jeudi 21 février, l'association met en avant l'impact de la connectivité 5G, de l'intelligence artificielle (IA) et de l'Internet des objets (IoT), en particulier dans le divertissement numérique, les transports et la connectivité industrielle où le contrôle à distance des machines sera facilité. "La fusion de ces technologies transformatrices entraînera des changements fondamentaux et connectera tout et tout le monde de manière intelligente", a affirmé dans un communiqué Mats Granryd, directeur général de la GSMA.

Au MWC,  qui se tient du 25 au 28 février à Barcelone, Ericsson fait partie des exposants invitant les visiteurs à découvrir cette combinaison de la 5G, de l'IoT et de l'IA dans les secteurs mis en avant par la GSMA. Sur son stand, il sera possible par exemple de tester la réalité augmentée ou de piloter via une connexion 5G un système de transport sans cabine de conduite localisé sur un site d'essai en Suède.

Les avantages de la 5 G

Faire transiter plus de données, plus vite. Voici l'objectif numéro 1 poursuivi par les entreprises et les autorités de régulation des télécoms qui travaillent en ce moment sur la 5G, dont le nom officiel est IMT-2020. Cette technologie de communication mobile cinquième génération prendra prochainement la suite de la 4G+ (ou LTE advanced) pour permettre aux appareils mobiles – que ce soient des smartphones, des tablettes ou encore des objets connectés – d'envoyer et de recevoir des data en grande quantité.

La 5G, c'est ainsi une promesse de rapidité, d'une faible latence, d'une faible consommation d'énergie et permettant à un grand nombre d'utilisateurs d'être connectés simultanément. Avec ce standard de communication, les utilisateurs pourront notamment télécharger des vidéos haut débit en un temps record.

"Plus on augmente la connectivité et le débit, plus les possibilités d'attaques s'accroissent"

Pour l'IoT, la 5G est une clé vers une plus grande interopérabilité. "Avec un même composant, un industriel pourra se connecter en haut ou bas débit en fonction de ses besoins. Cela va simplifier le design des objets car il n'y aura plus besoin de choisir les composants pour du LoRa, du NB-IoT ou une carte SIM : l'IP mènera à l'interopérabilité", explique Frédéric Salles, président de Matooma, spécialiste dans le domaine de l'IoT et la connectivité par carte SIM multi-opérateurs.

Avec la 5G, la sécurité du réseau de communication devra néanmoins être renforcée. "Plus on augmente la connectivité et le débit, plus les possibilités d'attaques s'accroissent", prévient Hervé Doreau, presales manager chez Symantec.

Date de sortie

La 4G est encore en cours de déploiement dans certaines zones rurales en France, mais les acteurs du monde des télécoms n'en ont cure. Cette technologie est déjà un fossile pour ces entreprises qui préparent toujours le coup d'après, en l'occurrence la 5G. Elle n'a pourtant pas encore d'existence à proprement parler : les spécifications techniques du futur standard de communication n'ont pas été fixées par le 3GPP (third generation partnership project), l'organisation internationale chargée de standardiser les technologies de télécommunication.

Malgré l'absence de norme, de nombreuses expérimentations sont actuellement conduites par les opérateurs et les équipementiers télécom. Ces tests sont pris en compte par l'instance de normalisation dans la définition du futur standard. Selon le dernier rapport de la Global mobile Suppliers Association (GSA), 201 opérateurs sont en train de la déployer ou de tester la pré-5G dans 83 pays. Onze d'entre eux ont lancé un ersatz de 5G dans des villes pilotes.

Le Japon prévoit une mise en place du réseau 5G pour les Jeux olympiques de Tokyo en 2020. La France devrait aussi voir débarquer la technologie à cette date. D'ici la fin de l'année 2024, la 5G devrait couvrir plus de 40% de la population mondiale pour 1,5 milliard d'abonnés au très haut débit mobile, selon l'équipementier Ericsson.

Débit 5G

Plus de limite : les futurs utilisateurs de la 5G pourront télécharger un film en haute définition en deux ou trois secondes. Les futurs réseaux 5G seront théoriquement capables de transférer 20 gigabits de données par seconde, depuis une station de base jusqu'à un appareil connecté au réseau, et 10 gigabits par seconde dans le sens inverse, soit environ 100 fois plus que les réseaux 4G. C'est en tout cas l'objectif fixé aux opérateurs par l'Union internationale des télécommunications, bien que ce débit reste théorique.

Fonctionnement

La 5G ne se contentera pas de multiplier par cent le volume de données qui pourra transiter sur ses réseaux. Ces informations circuleront également plus vite : le temps de latence devrait être inférieur à une milliseconde, contre 25 à 40 millisecondes pour la 4G. Le standard promet également l'utilisation d'un spectre élargi de 30 à 300 GHz.

La 5G est l'une des technologies les plus attendues du secteur du véhicule autonome, car les autos doivent pouvoir envoyer instantanément les images de leur environnement à un logiciel de traitement, situé par exemple dans le cloud, et prendre une décision dans la foulée. Une petite seconde de décalage dans l'envoi des données risquant de provoquer un accident. Cette réduction de la latence pourra aussi permettre de réaliser des opérations chirurgicales à distance par exemple, car les mouvements des instruments seront suffisamment fluides.

La 5G devrait par ailleurs être capable de traiter des données de natures différentes à des rythmes différents. Les opérateurs travaillent sur des technologies permettant de découper leur réseau en plusieurs tranches, pour y faire circuler des informations plus ou moins prioritaires (network slicing). Les informations émises par un véhicule autonome en mouvement seront traitées en absolue priorité, alors que les data envoyées par un compteur de gaz intelligent pourront être envoyées avec un certain délai. Cette technologie fait toutefois débat, car elle est synonyme de fin partielle de la neutralité du net. En vertu de ce principe, les opérateurs étaient jusqu'à présent obligés de traiter à égalité toutes les données qui transitaient sur leurs réseaux, sans analyser leur contenu. Mais pour prioriser le traitement de certaines données par rapport à d'autres, ils devront savoir quel type d'informations leurs clients font transiter via leurs antennes.

5G en France

Les premières offres 5G pourraient voir le jour en France autour de 2020, selon les observateurs du secteur. L'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) a présenté sa roadmap en juin 2017. Un guichet pour les plateformes ouvertes d'expérimentation 5G en bande 26 GHz a été lancé en janvier 2019.

Dès 2015, l'Arcep avait autorisé Orange à lancer des pilotes 5G à Belfort sur plusieurs bandes de fréquence. L'opérateur a depuis étendu ses tests à Marseille, à Lille et à Douai. Les autres opérateurs s'intéressent de près au sujet. Bouygues Telecom expérimente à Bordeaux, SFR à Nantes et Toulouse, Free à Marseille et en Bretagne. Au total, 14 métropoles françaises sont dans les starting-block.

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