Automotive 2.0 : la nouvelle expérience de conduite autonome

Les véhicules autonomes vont générer un écosystème exponentiel de services à bord, procurant des expériences uniques de conduite. Entre sécurité et plaisir, plus d'options seront à implémenter pour tous les acteurs.

De tous temps, l’homme a cherché le déplacement comme une manière d’être vivant, de découvrir le monde et de conquérir des territoires. Au fur et à mesure de son imagination et de ses découvertes, il invente les méthodes et processus, maximisant son plaisir et minimisant sa fatigue. Au gré des espoirs et des inventions rendues possibles par la science, d’abord rudimentaires et plus élaborées, il accapare, comprend, met en œuvre en repoussant les limites. En s’affranchissant d’ailleurs souvent, de la sécurité essentielle au bien commun.

Et de tous temps, il va sans dire que l’homme dompte la matière, la machine et la mécanique. Profitant des propriétés étendues des matériaux et de la combinaison d’une recherche ambitieuse et d’une motivation pour le comprendre », il fait sien de la moindre innovation pour encore mieux maîtriser la machine.
L’Humain, maître du monde…
Maîtrisant d’abord l’animal, puis la matière et enfin la machine, l’être humain repose sur ses compétences, son savoir-faire et son jugement propre pour diriger les différents moyens de se déplacer dont il dispose. Il teste, provoque des accidents, en tire des leçons et gère avec sa propre appréciation, les bonnes conduites, sur les infrastructures dont il dispose au fil du temps (lesquelles s’adaptent également aux véhicules rencontrés et à leur évolution rapide…).Au fur et à mesure donc de son éducation, sa formation et des sciences par ailleurs, il dompte la machine encore et encore. Il décide de tout, a priori collecte les informations pour prendre ses décisions et navigue en utilisant les capacités de son véhicule, capacités sommes toutes encore très sommaires, pour l’expérience de son trajet. Pensez donc à tous les moyens de déplacement des différentes époques : chars, animaux, embarcations diverses, puis plus récemment, débuts de l’aviation, de l’automobile, des cycles, des trains, des navires modernes, voire, des engins spatiaux. Tout est piloté, in fine par des jugements humains, facilités par la technologie galopante. Même en condition de pilotage automatique (trains, avions, navires, robots industriels), la machine exécute des algorithmes développés par les hommes, corrigés sans cesse, à la recherche de la maximisation de l’expérience trajet.
La révolution digitale et l’hybridation de la relation
L’explosion de la vague digitale a bouleversé les habitudes et les modes de vie, sans constituer une fin en soi. Elle va transformer notre comportement dans nos vies quotidiennes, par des outils, puissances et données, et va s’immiscer dans le moindre moment de vie. Recherche, information, prise de décision, alibi comportemental, bref, la rapidité de digestion des données va permettre de se reposer sur des outils décisionnels qui ne nous quitteront plus. Consommation, décisions d’achat, navigation, services "always on", cette ubiquité modifie en tant que tel, notre capacité à apprendre, retenir et décider. A quoi sert de se former, de stocker et de se mettre en situation de décision, puisque désormais, la machine informatique et digitale le fait mieux que nous, plus rapidement, sans fatigue et sans panne. Même s’il nous reste l’émotion et l’intuition, celles-ci seront-elles encore souhaitables, dans des situations qui n’acceptent pas l’échec et la faille ?Nous apprendrons bientôt à l’être humain, à devenir l’égal des machines, par une hybridation vers "l’homme augmenté", par l’intégration de la soit disant "intelligence artificielle", laquelle étant certes extrêmement puissante, mais surtout pas intelligente. Cette soit disant "intelligence" étant encore apportée par le génie des hommes ayant conçu ces machines en les codant à leur image, ne fait qu’exécuter des ordres initialement humains.Mais l’homme, dans l’écosystème digital deviendrait une variable plus que gênante parce que faillible, soumis à ses émotions, on peut même avance  "à obsolescence programmée". Et dans le domaine des transports et de la programmation linéaire nécessaire au trafic gigantesque que sont les millions de trajets quotidiens, les limites de l’humain se feront vite sentir : fatigue, arbitrages individuels, incapacité de supervision globale, intuitions et émotions vont même devenir dangereux pour la sécurité globale. 

Comme dans tout changement d’ère majeur, la transition va être la phase la plus compliquée…Mixer de l’irrationnel avec des machines logiques et rationnelles risque de provoquer des collisions sans précédent. Rappelons nous que les seuls accidents constatés dans le domaine des véhicules autonomes l’ont été par des erreurs humaines…Oui mais voilà, comment gérer cette transition ? Les seules automatisations connues et acceptées aujourd’hui (pilotes automatiques dans les avions et navires), le sont parce qu’elles sont assistées de pilotes réels. Le prochain basculement dans l’ère "toute automatique" est par conséquent, profondément anxiogène. Une phase d’accompagnement est plus que nécessaire et va permettre aux constructeurs, de conserver une relation permanente, utile, connectée et opportuniste, qui jusque là était par trop délaissée.

La relation client dans l’automobile

Jusqu’à présent, elle est réduite au simple…produit. On choisit un modèle et/ou une marque, par sympathie, prouesse technologique, pression publicitaire ou par ancienneté. C’est rarement la relation à la marque qui fait le choix, mais plutôt la confiance dans le modèle et dans le produit brut. Après l’achat, peu ou pas de relation, si ce n’est du SAV ( !), que l’on fuit évidemment. Lorsque l’achat ou l’adhésion est réalisée, peu de contacts, le client est « dans » le produit tous les jours, lequel appartient de fait à une marque, avec une empreinte et des valeurs plus ou moins présentes. Les utilisateurs de transport publics n’étaient-ils pas jusque peu des "usagers", usant, consommant un service, avec peu d’attachement à la marque (quand il existe car en situation de monopole, on n’a pas vraiment le choix…). Et encore, lorsqu’on consomme ce service, en effet là, la fidélisation et la nécessité de récurrence d’usage sont capitales. C’est d’ailleurs là-dessus que les constructeurs doivent désormais se battre , pour conserver leurs clients chez eux, devant la concurrence éhontée qu’ils se livrent.

L’accent est donc maintenant mis sur le conducteur, le pilote, qui va vivre des expériences au cours de ses trajets. L’époque est donc au "driver experience management", un écosystème interactif, rassurant, facilitant le déplacement et l’apprentissage entre un véhicule guidé et autonome et des humains embarqués, qui doivent donner les clefs à une machine toujours plus intelligente. Chaque expérience, unique, intelligente, épanouissante va permettre d’offrir des services à bord utiles et inspirants. L’heure du steward virtuel a sonnée, le "personal onboard assistant" est né. Une manière exponentielle de redonner de la relation entre le consommateur et la marque d’automobile, en temps réel, avec des services intelligents, connectés et dématérialisés.

Quel assitant personnel et quels services ?

L’étendue de ce nouveau marché, dans le segment de l’automotive est colossal, par les effets directs et indirects, comme le signale le cabinet Oliver Wyman ici (EN). Ces chiffres donnent un peu le tournis, mais expriment la manne gigantesque que tous les participants vont devoir organiser pour saisir toute la valeur d’usage, liée aux nouveaux comportements et attitudes rencontrés.

On peut d’ores et déjà lister des services pertinents qui amélioreront grandement la navigation, la sécurité et la confiance dans les véhicules autonomes. Services qui vont bien entendu aller au delà du simple usage mais qui vont agrémenter et rendre un trajet plus efficace, car connecté à de nombreux partenaires, par exemple :

  • Aide à la conduite et navigation
  • Guidage à distance, jusque pilotage à distance
  • Agent virtuel ou réel en ligne sur écran et/ou communication audio et électronique
  • Mise à disposition en temps réel de datas de situation : météo, trafic, routes, itinéraires, obstacles, risques, infrastructures, aide au trajet…
  • Loisirs (restaurants, clubs, bars, hôtels, vols, trajets trains, concerts,…)
  • Shopping : shopping personnalisé, ventes privées, cadeaux…
  • Babysitting, household/ménage, courses, réparations/urgences…
  • Dating, rencontres
  • Parking, garage, véhicule partagé, covoiturage
  • Médias

La liste n’est forcément pas exhaustive car elle dépend de niveaux de services inclus dans l’automobile/le véhicule, et peut se décliner en services basiques, étendus, premium…Bref des options à coûts additionnels, avec un accès free (modèle freemium). Constructeurs, plateformes de services, plateformes de contacts, infrastructures de réseaux/IT…Saurez-vous capter ce moment unique, point d’inflexion d’un nouveau marché captivant, prometteur d’une innovation sans précédent ? En tous cas, tous les ingrédients sont réunis pour redonner à l’automotive, un nouveau souffle et une trajectoire d’accélération unique…

Voiture autonome

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