La biométrie auditive pourrait révolutionner l'identification par téléphone

Une équipe de chercheurs britanniques planche sur un dispositif d'identification via les sons uniques produits par l'oreille interne. Un procédé qui pourrait venir remplacer le mot de passe.

Et si la prochaine étape de la biométrie passait par l'oreille ? Des scientifiques britanniques travaillent à l'utilisation de l'oreille d'un interlocuteur pour l'identifier, dans le cadre d'une conversation téléphonique.

Les applications dans les secteurs de la banque ou du support pourraient être nombreuses. De fait, en lieu et place de mots de passe, un micro ultra sensible positionné sur le téléphone serait en charge de capter les brèves et discrètes séries de sons produites par l'oreille, qui certifieraient l'identité de l'interlocuteur.

Le concept qui se cache derrière cette invention se nomme otoacoustic emissions (OAEs). Il utilise les sons qui proviennent du limaçon de l'oreille interne. Ces bruits sont produits par le mouvement des cellules capillaires situées sur la partie externe de l'oreille interne.

Identifier une personne en fonction de sa trace OAEs, via un réseau téléphonique.

Ces cellules se mettent à vibrer quand un son extérieur pénètre dans l'oreille interne. Les vibrations sont alors transformées en signaux électriques, et transmises le long du nerf auditif. C'est par ailleurs cette information qui permet de déclancher le processus d'écoute.

Mais ces cellules créent également un son spécifique pendant leurs phases d'expansion et de rétraction, que des micros ultra sensibles sont capables de détecter.

L'idée des chercheurs est donc de stimuler l'oreille interne par l'envoi d'un signal, comme c'est le cas aujourd'hui dans le cadre d'examens médicaux, pour tester l'audition des nouveaux nés. Certains oto-rhino-laryngologistes sont par ailleurs capables de discerner avec un simple examen des OAEs d'un patient son sexe, ou encore son origine ethnique.

A l'heure actuelle, l'équipe de recherche de l'université de Southampton tente de déterminer les caractéristiques de ces sons en termes de biométrie. Ces sons seraient en fait aussi uniques et personnels que les empreintes digitales ou l'iris, qui permettent aujourd'hui d'identifier des individus.

Il serait alors tout a fait possible d'identifier une personne en fonction de sa trace OAEs, via un simple réseau téléphonique digital ou numérique.

Mais de nombreux problèmes doivent encore être résolus pour arriver à une méthode fiable d'identification. L'absorption d'alcool ou de drogues chez l'interlocuteur brouillerait par exemple totalement les capacités d'écoute de celui-ci, et empêcherait le système d'identification de fonctionner correctement.

Le projet de recherche doit aboutir dans le courant de l'année 2010.

En fonction des conclusions, il pourrait alors intéresser l'industrie informatique et des télécommunications, pour la commercialisation de micro ultra sensibles qui équiperaient les téléphones fixes et portables, avec bien entendu une couche logicielle de gestion.

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