François D'Arfeuille (DT, Quotatis) "Nous utilisons la plate-forme LAMP pour développer l'ensemble des outils"

Du fait de son métier spécifique, le site d'intermédiation possède une gamme d'applicatifs développés en interne. Pour ce faire, la méthodologie a été primordiale.

Quel est le principe du site dont vous êtes responsable informatique, Quotatis ?

Il s'agit d'un service gratuit pour les internautes et payant pour les prestataires qui proposent des devis et des services en ligne via notre site. Ils sont de natures diverses et sont proposés dans divers secteurs. Cela va de l'habitat et des travaux immobiliers à la finance en passant par les services à la personne, un service que nous venons de lancer.

Quelle est votre valeur ajoutée ?

Notre métier, c'est véritablement l'intermédiation. Il s'agit en fait de recouper deux bulles. D'un côté, nous recherchons des personnes qui demandent des prestataires de services. Cela passe par nos sites, mais aussi par des sites en marque blanche. Nous en avons 150 en France, dont TF1. Cela passe aussi par du trafic moteur et du référencement. En fonction des différents types de services, nous avons 600 formulaires en ligne.

Et puis nous travaillons également avec des experts qui vont requalifier la demande et rappeler le client en cas de gros contrat, comme cela à été le cas pour des conseils généraux ou encore le musée du quai Branly.

En plus des sites Internet, quels sont les autres outils informatiques dont vous disposez ?

Nous avons notamment des outils qui nous permettent de savoir combien nous sommes prêts à investir en termes de budget, avec de l'achat de mot clés par exemple, pour que le trafic soit rentable pour nous. Cela nous permet de bien maîtriser le ROI en faisant du pilotage.

"Nos outils en ligne vont de fonctions de prospection à des outils de simulation"

Nous avons aussi au niveau du back office des outils pour gérer le processus de la relation client, c'est-à-dire des prestataires qui payent pour être référencés dans nos sites. Cela va de fonctions de prospection à des outils de simulation. Via ces outils, nous trouvons directement des réponses pour nous-mêmes et nos clients à des questions stratégiques telles que : "Peut-on détecter sur Internet assez de demandes pour avoir un taux de contact efficient ?".

Nous sommes également capables de fournir des informations sur l'ensemble du parcours de navigation de l'internaute, ce qui nous permet de vendre du prospect très chaud. Enfin, nous avons des outils pour gérer les contrats, suivre la vie du client et facturer.

Comment sont développés et gérés ces outils ?

Au niveau de notre applicatif, nous sommes en pur Open Source. Nous utilisons la plateforme LAMP (ndlr. Linux Apache MySQL PHP) pour développer l'ensemble des outils.

"Nous sommes en pur Open Source"

Pourquoi ne pas avoir fait appel à des solutions externes ?

Je travaillais avant chez Siebel, donc je connais les outils éditeurs. Chez Quotatis, nous avons décidé de développer en propre nos outils de suivi client car il n'y en avait pas d'existants qui permettaient de répondre à l'ensemble de nos besoins. L'intermédiation est un métier à part et concrètement, il n'y a pas de CRM qui couvre ce métier.

Et quel est votre mode de fonctionnement au niveau infrastructure ?

Nous disposons de 6 serveurs en plus de la gestion du mail. Nous avons une redondance de nos serveurs Web et des bases de données. Nous travaillons aussi le load balancing avec Internet.fr, notre hébergeur. En fait, Internet.fr nous fournit l'ensemble des outils de monitoring pour suivre le système 24h/24 et 7j/7 et nous avons un contrat de service avec eux.

Donc quelle est la répartition des tâches entre Internet.fr et vous pour la gestion de l'infrastructure ?

Le monitoring système, c'est leur métier. Pour notre part, nous avons la main sur le monitoring applicatif.

Au niveau de votre direction technique, comment se répartit le travail, tant au niveau applicatif qu'infrastructure ?

Pour la partie système réseaux, nous avons deux personnes en interne, plus le support d'Internet.fr. Pour tout ce qui est développement applicatif, nous avons une équipe de 10 personnes.

"Nous travaillons en mode Scrum, une méthode agile pour la gestion de projets"

Vous utilisez une méthode agile pour la gestion des projets de développement. Comment cela fonctionne-t-il ?

Nous travaillons en mode Scrum, une méthode agile pour la gestion de projets. Nous bloquons des sprints de trois semaines, dans lesquels nous planifions les développements à l'heure près. Nous validons avec le client interne les nouveaux développements à réaliser, et nous les exécutons dans le cadre de ce calendrier. Grâce à cette méthode, les chefs de projets fonctionnels peuvent travailler en avance de phase.

Cela vous permet-il de gagner en souplesse ?

Oui, grâce à cette méthode, nous ne planifions pas une fois pour toute les projets de l'année, mais nous planifions de manière très détaillée à trois semaines. C'est un système très efficace, mais il faut que le donneur d'ordre, le client interne, s'engage fermement sur l'objectif. En fait, l'objectif peut changer toutes les trois semaines, mais pas pendant la période de sprint.

Mais comment faites-vous pour gérer avec ce système les gros projets qui dépassent les trois semaines de développement ? Et pour les urgences ?

Pour les gros projets, nous effectuons un macro chiffrage avec des lotissements. En cas d'urgence, je peux compter sur un certain nombre de ressources, en heures de développement et en personnel disponible. En fait, 20% de chaque sprint sont non définis et sont affectés à la maintenance, aux urgences, aux développements critiques. Et comme nous avons un fonctionnement communautaire, chaque ingénieur de l'équipe fait 20% de maintenance à tour de rôle.

Au niveau de la gestion de votre trafic, quelle est la saisonnalité ?

Nous avons en moyenne 800 000 connexions par mois, mais c'est vrai qu'il y a une certaine saisonnalité. Les débuts d'années et plus globalement les rentrées sont des moments importants pour nous. C'est là que les projets des clients se réfléchissent et qu'ils font appel à nous.

Quels sont les projets à venir pour la direction technique ?

Nous avons refondu l'infrastructure il y a peu. Prochainement, nous allons changer les machines qui ont trois ans, en prenant de l'avance sur un plan technique pour être dimensionné de manière suffisante pour le trafic.

Mais notre défi, c'est un gros effort sur le back office avec du travail de datamining. Nous utilisons SAS, et nous travaillons sur de très gros volumes. Nous gérons 600 000 projets.

Vous évoquiez à l'instant l'utilisation de solutions Open Source et le développement de produits internes. Pourquoi alors avoir choisi une solution propriétaire, et onéreuse, pour la Business Intelligence ?

Le décisionnel, ce n'est pas notre métier. Nous avons recruté un expert SAS sur cette fonction, et donc nous avons pris l'outil qui allait avec. La personne que nous avons recrutée vient du secteur de la grande distribution, elle a une véritable expertise pour analyser les gros volumes de données.

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