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01/02/2006
Qui sont les champions de... la bière
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En France, Kronenbourg et Heineken occupent près de 70 % du marché en volume. Distribution, innovation et alliances sont des paramètres stratégiques face à la baisse de la consommation. |
Brune,
blonde ou rousse, il y en a pour tous les goûts. En France, le marché
de la bière* brasse plus de deux milliards d'euros de chiffre d'affaires.
Une manne qui profite certes à l'emploi local - 4.500 emplois directs -
mais pas aux entreprises françaises. Trois grands groupes étrangers
- Kronenbourg, Heineken et InBev - se partagent 85 % du marché
face à quelques 200 micro-brasseries. Ce sont en effet les seuls qui résistent,
en France, face à une consommation qui baisse sensiblement.
Une forte concentration d'acteurs mondiaux
En France, le marché est dominé par la brasserie Kronenbourg.
Née de la fusion en 1986 de Kronenbourg et Kanterbräu, elle appartient
depuis 2000 à Scottish & Newcastle. Kronenbourg développe sous
licence les marques Grimbergen, Bud, Foster's, ou encore Beamish. La brasserie
d'origine strasbourgeoise, avec ses 1.800 salariés, a réalisé
un chiffre d'affaires de 893 millions d'euros pour 8,6 millions d'hectolitres
vendus en 2004, soit 42,6 % du marché en volume. Outre les rachats effectués
ces dernières années pour sa croissance externe, Scottish
& Newcastle a notamment réalisé avec le Danois Carlsberg la
joint-venture Baltic Beverages Holding, BBH, qui produit 17,4 millions d'hectolitres.
Mais c'est sans compter la filiale française du Néerlandais Heineken
qui contrôle, via la holding Sogebra (Société générale
de brasserie), les brasseries Heineken, mais également Fischer depuis 1996,
et Saint-Omer. La Brasserie Heineken, qui compte 1.380 salariés, a engrangé
585 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2004, pour 4,8 millions d'hectolitres
vendus, soit 23,8 % du marché en volume. De taille inférieure, 385
salariés, Fischer apporte pourtant au groupe un chiffre d'affaires de 241
millions d'euros, et Saint-Omer 99 millions d'euros avec seulement 197 salariés.
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Les leaders
en France (Chiffres 2004 - source : les brasseurs)
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| Entreprises |
Chiffre d'affaires en millions
d'euros
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Marques
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Brasserie Kronenbourg
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893
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Kronenbourg, 1664, les bières
de Maître Kanter, Brugs
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Brasserie Heineken
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585
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Amstel, Buckler, Panach', Affligem
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| Brasserie Fischer |
241
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Desperado, Adelscott, Doreleï,
Kriska
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| Saint Omer |
99
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Saint-Omer, Facon, Semeuse Nordik
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Autre concurrent, le numéro un mondial en termes de volume, InBev,
issu du mariage en
2004 entre le Belge Interbrew et le Brésilien
Ambev, a réalisé un chiffre d'affaires de 464,7 millions d'euros
en 2004, à travers sa structure de distribution InBev France.
En effet, InBev ne possède pas de site de production sur le territoire,
mais occupe 9,5 % du marché en volume, soit 1,9 million d'hectolitres
commercialisés. Dans son portefeuille figurent les marques Stella Artois,
Leffe, Hoegaarden, Boomerang.
Un marché en forte régression
Selon l'association des Brasseurs européens,
20,2 millions d'hectolitres ont été consommés en France en
2004, contre 21 en 2003. L'association des Brasseurs de France estime plus précisément
que les Français ont consommé en moyenne 33,7 litres de bière
par habitant en 2004. C'est peu en comparaison des 57 litres enregistrés
en 1980 selon un rapport de Insee (2004), ou encore les 117 litres pour les Allemands
et 118 pour les Irlandais. La hausse de la consommation due à la canicule
en 2003 n'aura été que de courte durée.
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Evolution
de la consommation de bière en France en litres par personne
(source : Insee 2004)
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La production s'élève à 16,8 millions d'hectolitres de
bière en 2004. Là encore ce sont les micro-brasseurs et brasseurs
indépendants qui font les frais d'une demande à la baisse puisque
les grands groupes se rattrapent à l'étranger (Heineken possède
115 brasseries dans le monde). Selon l'association des Brasseurs européens,
en 2004 la France a exporté 12 % de sa production et importé
presque trois fois plus (31 %). Le pays importe de plus en plus en provenance
de la Belgique (44,2 % en 2004) de l'Allemagne (21, 8 %) ou encore des Pays-Bas
(18,4 %).
Pour s'en sortir, les brasseurs innovent
Plusieurs facteurs expliquent la chute de
la consommation. Depuis quelques années les campagnes de communication
contre la consommation d'alcool se multiplient et depuis le début 2005,
on a vu la loi se durcir dans ce sens. Résultat : selon le baromètre
des brasseries Kronenbourg réalisé par TNS Sofres en juin 2005,
40 % des Français sont favorables à un taux d'alcool compris entre
1 et 4 degrés, et 12 % une absence d'alcool dans la bière. L'étude
révèle que le taux idéal serait de 3,37 degrés, contre
5 degrés généralement.
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Evolution
des importations et exportations
(En millions d'euros - source : Douanes)
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Importations |
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Exportations |
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Alors, pour relancer la consommation, les brasseurs n'hésitent pas à
s'engouffrer dans le créneau des bières sans alcool ou peu alcoolisées
comme Heineken avec sa Buckler sans alcool (moins de 1,2 degrés
d'alcool) et Panach'. L'année dernière, le Néerlandais
a lancé Oko, la bière blonde aromatisée au thé
vert avec seulement 3 degrés d'alcool. Pour sa part Kronenbourg
relance sa Kronenbourg 2.6 avec peu d'alcool sous le nom Extra 2.6. Ces
nouveaux produits devraient sans nul doute attirer des populations plus féminines
et jeunes. Selon l'enquête TNS Sofres, seule une femme sur trois consomme
de la bière, mais seulement 6 % en boivent au moins une fois par semaine.
Le
packaging n'est pas en reste pour séduire les jeunes consommateurs ou les
populations branchées. En 2002, Heineken fait appel au designer français
Ora-ïto et lance la bouteille en aluminium. Le designer Philippe Starck est
intervenu pour le compte de Kronenbourg sur des produits de la gamme 1664. Moins
exotique, mais pratique, le fût pression de Heineken permet au particulier
de conserver plus de quatre litres de bière jusqu'à 21 jours après
l'ouverture.
Le rôle clé de la distribution
La distribution est un atout majeur dans le contrôle du marché. En
France, le circuit de distribution hors foyer CHR (café-hôtel-restaurant)
ne représente en 2004 que 28 % des ventes en volume, passant de 7 millions
d'hectolitres en 1997 à 5,7 en 2004. Or, les marges des brasseurs sont
plus élevées auprès des CHR, car les GMS (grandes et moyennes
surfaces) ont tendance à faire baisser les prix en jouant sur la quantité.
Ces dernières écoulent tout de même 40 % des volumes. Le hard
discount quant à lui représente un peu plus de 12 % des volumes
distribués, soit un gain de deux points par rapport à 2003.
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Ventes
en volume suivant les canaux de distribution (source
: Brasseurs de France)
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Pour mieux attaquer le marché, les brasseurs ont leurs propres distributeurs.
Ainsi Kronenbourg contrôle la société de distribution
Elidis Boissons services (500 millions d'euros de chiffre d'affaires). Heineken
France possède France Boissons, leader français de la distribution
de bière dans le circuit CHR. L'Allemand Karlsberg
GmbH, présent en France via la Brasserie
de Saverne, détient aussi la filiale de commercialisation Karlsbräu
France SA qui importe des bières belges et canadiennes.
D'un autre côté, InBev a développé des bars
à thème - Café Leffe, Au Bureau, ou encore Bars&Co en
2003 (enseigne développé en franchise). Dans le même ordre
d'idée, Heineken a ouvert en 2005 un concept store "Culture
bière" sur l'avenue des Champs-Elysées.
* L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.
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