Entreprises, intégrez la génération Z !

Les nouvelles générations débarquent sur le marché du travail. Elles débordent d'enthousiasme et font preuve d'un réel savoir faire. Aux entreprises de mettre ces nouveaux venus en valeur.

Une nouvelle génération qui disrupte les relations au travail

La génération Y (personnes nées entre 1980 et 1990) a été décortiquée dans tous les sens, La génération Z (personnes nées à partir de 1995) commence à passer à la moulinette des sociologues et pas un jour ne passe sans que soit annoncée l’apocalypse générationnelle !

Même si prudence fait loi, il est important de rappeler que les étiquettes sont bonnes pour les consultants et autres instituts d’étude sur la qualité de vie en entreprise. Mais la réalité est bien plus nuancée à commencer par les différences importantes qui existent, par exemple entre des Y du début de la génération et les bébés Y. Rien à voir et pourtant, l'étiquette est la même.

La mode des étiquettes est aussi détestable que toutes les modes qui aboutissent à une pensée unique de l’entreprise.

Toutes les études qui clament que les Z (alias les mutants comme j’aime les qualifier affectueusement depuis 5 ans), ne sont pas "programmés" pour se fondre dans les organisations d’entreprises, ont raison.

Elles ont aussi raison de mettre en avant la fin de l’équilibre vie perso /pro  avatar de l’ère des 35h au profit de l’hyper-connexion, tout comme les attentes légitimes face à un management plus "humain" et "impliqué". 

Les entreprises ne sont pas désarmées

Tous les Y et Z devront bien s’intégrer dans les entreprises actuelles. Tous ne seront pas "startupers" en puissance même s’ils en rêvent. Tous devront apprendre à faire des efforts pour s’intégrer, comprendre les mécanismes et accepter des règles que certains aiment qualifier de old school !

Le "je fais ce que je veux, quand je veux, où je veux avec qui je veux", pourquoi pas. Mais la vraie vie a sa raison que les règles générationnelles font semblant d’ignorer.

Si on laisse de côté des exemples d’entreprises composées à près de 100% de Y/Z, le défi des années à venir est de dépasser les clivages des usages de vie au profit du "vivre ensemble intergénérationnel". L’arrogance ambiante, nourrie d’ignorance, de certains qui prônent un ravalement culturel au profit d’un lifting générationnel est un leurre qui, à terme, ne peut que mettre à mal les organisations et les relations humaines.

Le bon sens qui se nourrit du respect des différences, d’une morale qui efface l’individu au profit du maillot qu’il porte, de la mixité des origines, des âges, des expériences, lui seul peut éviter une fragmentation dommageable de l’entreprise.

Ce bon sens est le moteur de l’action pour unir ce qui peut sembler incompatible et élève l’éducation au sommet des enjeux de management et de RH, là où certains veulent magnifier la pire des tartufferies : le bonheur au travail !

Que l’entreprise soit là pour garantir un bien être et éviter les maladies professionnelles telles que le burn out, soit. Rien de neuf sous les cocotiers ! 

En revanche, elle n’est pas là pour garantir un bonheur sur terre, qui relève du domaine strictement privé, dont le réel ROI est une productivité assurée ; elle doit fédérer, motiver, encadrer non pas autour de règles individualisées mais bien collectives.

La génération Z... adaptée aux clients Z

Face aux modes générationnelles on finit par oublier l’essentiel : Le client. Cette entité qui est tout sauf virtuelle et qui donne du sens aux missions mais aussi aux humains dans l’entreprise, qui impose règles et discipline.

Avec un quart de l’humanité composée de Z, il est évident que les clients Z de demain s’adressant à des fournisseurs Z n’auront que faire des postures générationnelles et attendront du résultat et de la qualité comme il se doit .

Intégrer des Y/Z impose indiscutablement de mettre à plat des modèles de management et des organisations passéistes ; c’est une évidence. Ceci représente même une opportunité inédite et historique de revisiter la chaîne de transmission, la cohabitation juniors /seniors…

Qu’il le veuille ou non, le Y/Z doit très vite comprendre que le monde de l’entreprise n’est pas le prolongement d’une vie post-estudiantine mais que la vraie vie impose des obligations du quotidien : horaires, travail en équipe...

Aux employeurs de jouer

Les salariés Y/Z sont les purs produits de la société mais aussi de l’éducation et des évolutions familiales. Pour éviter que le choc de la vie active ne soit trop vif, les employeurs ont tout intérêt à faire preuve de pédagogie et d’accompagnement culturel sans tomber dans de l’angélisme béat sous prétexte que ces nouveaux collaborateurs sont si différents ! A force de le lire partout, c’est chose acquise.

A l’image de certaines équipes de sport qui arrivent à se maintenir au plus haut niveau de génération en génération, l’entreprise quelle que soit sa taille doit perpétuer ce qui est essentiel à transmettre : sa culture.

Face à la culture d’entreprise, les différences d’âge, d’origine, de compétences n'ont plus d'importance. Tout le monde porte, avec fierté, le même maillot ou sort du jeu. Au petit nouveau de faire ses preuves, de suivre les conseils, d’apporter sa touche personnelle qui un jour changera tout, sauf l’essentiel. Avant d’être Maître, l’apprenti apprend, observe, imite jusqu’au jour où son talent se révèle.

Face à l’impatience généralisée, « au tout, tout de suite », l’entreprise, sans s’en rendre compte, sacrifie son essentiel avec l’excuse que ces nouveaux collaborateurs sont si différents. L’erreur est dramatique et il y a urgence à en prendre conscience mais aussi à la corriger.

L’entreprise va devoir surmonter les erreurs de l’enseignement général qui l’exclut en inventant de vrais rites de vie, à pratiquer, à transmettre. L’humain est depuis toujours un animal de tribu, qui vit et se sociabilise à partir de règles connues et partagées. Il en va de même en entreprise. Les start up ne s’y trompent pas en vantant leur culture.

Même issus des meilleurs établissements scolaires, les Y/Z entrent en entreprise comme en troisième cycle ; mais celui-là, c’est celui de la vraie vie : les managers trentenaires vont avoir "une sacrée gueule de bois" tant ils ne se sont jamais imaginés devoir être les profs de la vie professionnelle !

Le rôle de l'éducation

Éduquer fait désormais parti du jargon managérial, mais qui dit éduquer, dit aussi reconnaissance et sanction. L’entre-deux, "la chamalow attitude" qui laisse croire à des jeunes débutants aussi charmants soient-ils, qu’ils savent tout avant même de faire leurs preuves, ne fera pas recette ni pour les clients, ni pour l’équilibre dans l’entreprise, ni pour les jeunes eux-mêmes.

Éduquer, c’est permettre à nos Y/Z de faire l’apprentissage des exigences de l’entreprise dans le respect des parties prenantes de cette dernière, à commencer par les clients !

Éduquer, c’est réhabiliter le temps de l’initiation à la vie professionnelle en assumant la discrimination culturelle de chaque entreprise. 

Y/Z vous êtes formidables et l’espoir d’une entreprise meilleure et plus humaine ! Mais pour être reconnus, commencez par faire vos preuves et mettez vos tripes sur la table en choisissant une entreprise qui vous lance le défi de devenir ce que vous rêvez d’être : vous-même!

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