Formation professionnelle : quelles perspectives pour 2015 ?

Malgré plusieurs leviers de croissance, le secteur de la formation continue souffrira de l'environnement économique et législatif.

En 2015, le secteur de la formation continue profitera de plusieurs facteurs positifs, selon l’étude Xerfi "La formation professionnelle". Tout d'abord, la masse salariale poursuivra sa progression notamment grâce à la hausse du Smic (+0,8% au 1er janvier) et l'augmentation des cotisations de retraite. Or, c'est sur elle qu'est indexée la participation financière des entreprises au titre de la formation.

Autre facteur porteur : à cause de la complexité du cadre légal et du manque de ressources en interne, de plus en plus d'organismes privés externaliseront la formation de leur personnel. Dernière bonne nouvelle : Xerfi prévoit des besoins importants de formation dans certains secteurs, en particulier la sécurité des biens et des personnes, la santé, l’informatique et les réseaux de transmission de données (big data, cloud computing…).

Cependant, malgré ces leviers, le chiffre d'affaires moyen des organismes de formation stagnera en 2015 :

Cette stagnation est due à une conjoncture économique poussive. Si le PIB de la France progressera en 2015 selon l'Insee, la croissance demeurera faible (+0,8%) à cause du faible pouvoir d’achat des ménages et de la politique d’austérité. Et sur le front de l’emploi, les destructions de postes continueront d’être plus importantes que les créations (graphique ci-dessous). Le recul de l’emploi salarié se traduira par une baisse des dépenses de formation professionnelle en France de la part du secteur marchand.

Autre facteur qui influe sur la santé des organismes de formation : l'intensification de la concurrence qui met la pression sur les prix. Les nouveaux acteurs du marché sont de plus en plus nombreux : universités, établissements privés d’enseignements supérieurs, groupes d’intérim ou encore entreprises de services du numérique… En parallèle, certaines grandes entreprises ont développé leurs propres "académies" pour former leurs salariés, à l’image de Samsung ou d’OVH fin 2014.

En outre, les seuils de participation financière au titre de la formation ont été abaissés depuis le 1er janvier 2015 et la mise en place du compte personnel de formation (CPF). Désormais, ils représentent 1% de la masse salariale pour toutes les entreprises de plus de 10 salariés (contre 1,05% auparavant pour les entreprises de 10 à 19 salariés et 1,6% au-delà). Les entreprises pourraient donc diminuer leur financement pour réduire leurs coûts.

Quant aux dépenses de l’Etat et des collectivités locales, elles resteront atones à cause des politiques budgétaires restrictives. Cela pénalisera l’activité des opérateurs tournés vers le secteur public comme l’Afpa.

Les clefs du succès pour les organismes de formation en 2015 selon Xerfi ?

  • Revoir et réadapter l’offre en proposant de nouvelles formations : selon un sondage Ifop, deux tiers des actifs n’ont pas l’intention de suivre une formation professionnelle en 2015 par désintérêt, manque de temps…
  • Densifier les réseaux pour un meilleur maillage territorial. En 2013, 60,5% des adhérents de la Fédération de formation professionnelle (FFP) n’étaient implantés que dans une région. Les organismes de formation sont également trop dépendants du marché français et doivent renforcer leurs positions à l’international.
  • Augmenter la taille des organismes et recapitaliser : actuellement, les capitaux sont en général insuffisants par rapport aux besoins d’investissement chez les différents opérateurs.

 

Source

L'étude "La formation professionnelle" est publiée par Xerfi, éditeur indépendant d'études économiques sectorielles.

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