Fidélisation ne rime pas avec fidélité

Landor

Les marques n'ont jamais autant investi pour fidéliser leurs clients. Et pourtant, elles n'ont jamais été aussi interchangeables.

La fidélité tient surtout à la facilité. On reste chez son opérateur, sa banque, son enseigne du quotidien. Mais dans la plupart des cas, nos habitudes ne sont pas le signe d’un attachement profond. Elles sont le reflet d’un enchaînement de facilités : un compte ouvert, des coordonnées enregistrées, une facture mensualisée. Rien ne pousse vraiment à changer, tant que l'expérience reste à peu près OK.

C'est ce qui a longtemps permis à des acteurs historiques de conserver leur leadership. Chez les opérateurs téléphoniques par exemple, cette inertie protège des marques installées depuis des années. Jusqu'au moment où des offres alternatives rendent le changement simple, lisible, évident. Ce que l'on prend pour de la fidélité se révèle alors être de la passivité.

Fidéliser ne se programme pas

Les marques essaient donc de contrer cette fragilité relationnelle avec des programmes de fidélité toujours plus élaborés. Points, statuts, avantages cumulés. Ces dispositifs sont utiles pour encourager la répétition, mais ils ne changent pas la nature de la relation. Car on ne peut pas construire un attachement qui, dans les faits, n'a jamais vraiment existé.

L'appartenance, ce sentiment qu'une marque nous ressemble, qu'elle se bat pour ce qui compte pour nous, ne s'achète pas avec une mécanique promotionnelle, et ne se greffe pas sur une offre sans âme. Elle exige de la part des marques de l’engagement, de la cohérence et une forme de courage.

La promesse de marque engage

Dans un monde toujours plus transactionnel, la marque est le principal rempart contre la commoditisation. Elle permet de formuler une promesse singulière : suffisamment différenciante pour émerger, suffisamment claire pour guider un choix, suffisamment forte pour résister à la comparaison permanente des prix et des offres.

Mais une promesse n'a de valeur que si elle est tenue. Par la capacité d’une marque à l'incarner dans le temps et dans chaque produit, chaque interaction, chaque expérience. Pour transformer une simple préférence en véritable appartenance.

Decathlon en est l’exemple saisissant. La marque ne fidélise pas ses clients avec ses mécaniques relationnelles et promotionnelles. Elle les convainc, année après année, que rendre le sport accessible à tous n'est pas un slogan, mais un engagement concret. De la tente 2 secondes, qui a permis à des générations de vacanciers de devenir campeurs, à l'application Pacer qui accompagne les coureurs dans leur progression, chaque innovation vient renforcer le combat de la marque.

La véritable fidélité ne repose pas sur ce qu'une marque fait pour retenir ses clients, mais sur ce qu'elle représente à leurs yeux. Investir dans la fidélisation sans investir dans la marque, c'est construire un attachement artificiel. L’enjeu n'est finalement pas de savoir comment retenir ses clients. C'est d’incarner une promesse qui leur donne envie de nous choisir durablement.