Start-up et livraison : comment rendre son modèle rentable ?

Les premières start-up de livraison commencent à atteindre une taille considérable. Pour autant, la rentabilité est-elle au rendez-vous ?

UberEats, Deliveroo, Stuart, Popchef… Ces startups sont nombreuses à se confronter à la problématique de la livraison. Elles travaillent plus précisément sur la logistique du “dernier kilomètre”, ce défi qui consiste à livrer directement chez le client. Le marché de la delivery est en pleine expansion. On ne compte plus une semaine sans qu'un nouveau service se lance. Par exemple dans la livraison de fruits directement chez vous en une heure. Ce défi logistique du dernier kilomètre est très coûteux et il faut réussir à l'appréhender sous le bon angle, sous peine de dégager des marges très faibles.

Push-to-get : l'économie à la demande   

De nombreuses start-up se sont lancées en suivant l'exemple d'Uber. Vous sortez votre téléphone, appuyez sur un bouton et instantanément vous êtes servis. C'est ce qu'on appelle l'économie du On-demand, la livraison à la demande, dans l'heure ou même dans la demi-heure. Les coûts engendrés par ce service sont énormes : lorsque vous commandez votre Pizza préférée chez Deliveroo, le livreur vous est dédié entre le moment où la « Margherita » est en train de cuire jusqu'à l'instant où vous l'avez entre les mains. 

À ce sujet, le cas de Take Eat Easy, fermé en 2016, est intéressant. Son fondateur, Adrian Roose, a expliqué avoir pour principal objectif d'augmenter la capacité de livraison de ses livreurs. C'était le principal centre de coût et l'élément central du business plan de la start-up. Take Eat Easy avait réussi à atteindre environ 2 livraisons par heure, ce qui portait le coût par livraison à environ 7,5 euros. L'équation économique semblait déjà bien difficile à la vue des marges faites auprès des restaurateurs et des coûts d'acquisition très élevés. 

La mutualisation, un premier pas vers la rentabilité  

Il y a trois voies de rentabilité : la mutualisation, l’internalisation et l'optimisation technologique. Un modèle de livraison programmée permet de mutualiser l'utilisation des livreurs. On peut par exemple penser à Amazon Prime Now qui offre la livraison sur des créneaux de 2 heures et peut ainsi livrer plusieurs clients en une seule tournée. Ce modèle permet déjà de faire beaucoup plus de livraisons par heure et donc de diminuer le coût par livraison. 

Ensuite, l'internalisation de la chaîne de valeur permet de dégager des marges plus importantes et de centraliser les livraisons. Pour en revenir à la foodtech, cas d'école dans le secteur du on-demand, les modèles fullstacks proposent de produire leurs propres repas par opposition à Deliveroo qui livre des restaurants. C'est le cas de Popchef qui possède une cuisine centrale en dehors de Paris et quelques cuisines d'appoints au plus proche des bureaux. Dans ce cas on a donc des commandes à livrer sur des créneaux définis, un seul point d'origine et une densité relativement élevée. C'est un cocktail qui permet de livrer bien plus que 2 personnes par heure.

La technologie au service de l'optimisation 

Un des ingrédients de ce cocktail est l'optimisation des trajets à l'aide de la technologie. La théorie mathématique sous-jacente est le problème du voyageur de commerce qui explique comment optimiser le trajet lorsqu'il y a plusieurs points à visiter. De nombreux centres de recherche en France travaillent sur des problématiques d'optimisation de ce type. C'est le cas par exemple de l'équipe TASC des Mines de Nantes. Je suis personnellement persuadé qu'il faut pousser les relations entre la recherche et les start-up. C'est le meilleur moyen de faire rayonner la French Tech dans le monde.

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