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Non, il ne faut pas taxer lourdement les retraites chapeaux
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François Fillon veut mettre en place une "fiscalité extrêmement importante sur les retraites chapeaux des grands patrons. Qu'en pensez-vous ?
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Les privilèges ne sont pas abolis
Jean A.
, Tours
le 02 mai 2009
Pourquoi ?
Alors que des millions de gens vivent en dessous du seuil de pauvreté, personnes âgées, femmes seules, mères de familles nombreuses, ouvriers de toutes professions,... Il est honteux d'afficher des retraites qui, pour certains, atteignent chaque mois 3 fois le salaire mensuel du Président de la République. Ont-ils eu des responsabilités plus importantes que lui, qu'il soit de droite ou de gauche, ont-ils pris des risques avec leur propre capital ? Ne se sont-ils pas octroyé sous des formes diverses, et avec l'accord de leur conseil d'administration, une large part des bénéfices réalisés ? Quand ils n'ont pas conduit leur entreprise à la ruine, ou au moins à de sérieuses difficultés, jusqu'à faire appel à l'aide de l'Etat, pour leur éviter la faillite, et la suppression de milliers d'emplois ? Qui devra payer cette dette supplémentaire, cette aggravation du déficit public ? Le contribuable. C'est ce qu'il est convenu d'appeler la socialisation de la dette privée : faire payer par les plus pauvres, les erreurs et la cupidité des plus riches...
Bien entendu ceci n'est pas applicable à tout patron, au plein sens du terme, à celui qui a investi majoritairement dans son entreprise et l'a dirigée toute sa vie, ou peu s'en faut. Il s'agit plutôt des "managers de haut niveau", souvent classés à partir de leur diplôme, de leur réseau relationnel, et plus accessoirement de leur compétences et de leur expérience. Leur succès leur est imputable pour une part, certes, mais il n'est parfois dû qu'à la conjoncture économique, à la chance et pour la plus large part au travail et à la compétence de leurs collaborateurs et employés, au personnel, dont seule la minorité des hauts grades perçoit une part du gâteau. Tous ne sont sans doute pas à mettre dans le même panier, mais leurs réactions quand il s'agit de renoncer aux ponts d'or qu'ils se font attribuer, dès lors que leur responsabilité est en jeu, ne contribue pas à l'amélioration de leur image dans le public (dont il n'ont que faire, sans doute). Aucun, ou peu s'en faut, n'y a renoncé de lui-même, ne serait-ce que par la plus élémentaire décence...
Assez de provocations à répétition. Moins d'arrogance, plus de dignité, moins d'orgueil, plus de solidarité, moins de condescendance, plus de respect seraient les bienvenus
Un plancher qui semblerait raisonnable : 10 fois le Smic (c'est déjà la moitié du salaire mensuel du Président de la République). A défaut d'une règle générale, ce pourrait être la contrepartie d'un recours à l'aide de l'Etat en cas de mise en difficulté de l'entreprise.
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