3 millions de personnes ont cru à cette vidéo IA… tout était une arnaque

3 millions de personnes ont cru à cette vidéo IA… tout était une arnaque Un visage inconnu, une histoire trop belle, des images qui semblent vraies. En coulisses, ce sont des escrocs qui manipulent tout, et des millions de personnes y ont cru.

Tout a commencé avec une vidéo d'un patron français, Jean-François Pillou, qui montrait ses ordinateurs en train de travailler grâce à des programmes d'intelligence artificielle. Des escrocs ont pris cette vidéo, puis ont inventé une histoire : ils ont dit qu'on y voyait un étudiant chinois, soi-disant devenu riche grâce à ses machines et à l'IA. C'est comme cela que l'arnaque a démarré sur Internet.

En quelques jours, près de 3 millions de personnes voient la vidéo défiler dans leur fil d'actualités. Beaucoup y croient dur comme fer : ce jeune homme inconnu serait la preuve vivante qu'on peut s'enrichir du jour au lendemain grâce à la magie de l'informatique. Le piège se referme. Sous la vidéo, un lien redirige vers une plateforme de paris en ligne via un lien d'affiliation. Concrètement, cela signifie que la personne derrière la publication peut toucher une commission si des internautes s'inscrivent ou misent de l'argent après avoir cliqué sur le lien. Toute l'histoire autour du prétendu étudiant chinois et de ses gains spectaculaires sert donc surtout à attirer des curieux et à les pousser vers cette plateforme.

Comment cela fonctionne-t-il aussi bien ? Parce que les escrocs, aujourd'hui, savent comment rendre crédible une histoire. Ils ne filment même pas eux-mêmes : il suffit de récupérer une vidéo réelle, d'inventer une narration assez simple pour attirer la confiance, et d'ajouter de petits détails qui semblent "techniques" mais restent compréhensibles. Les lumières de couleur, par exemple, sont synchronisées aux ordinateurs pour donner l'impression d'un savoir-faire exceptionnel.

© Capture d'écran / JDN

Cette façon de faire n'est pas nouvelle, mais elle prend aujourd'hui une ampleur inédite. Les réseaux sociaux accélèrent tout. Une vidéo postée à 8h peut toucher des millions de gens avant midi, sans qu'aucun modérateur ne vienne vérifier qu'elle est vraie. Beaucoup partagent sans se douter qu'il s'agit d'une escroquerie qui alimente au bout du compte des plateformes de paris ou de trading douteuses.

Jean-François Pillou, lui, n'y était pour rien. Sa vraie vidéo expliquait tout simplement la façon dont il travaille avec ses ordinateurs : trois machines séparées qui ont chacun un "rôle" différent, et des lumières pour voir si elles fonctionnent bien. Lorsqu'elles sont au vert, tout fonctionne ; lorsqu'elles deviennent bleues ou rouges, il faut intervenir. Nul besoin de s'y connaître : le système existe pour s'organiser proprement, pas pour faire fortune ou impressionner la planète entière. Le matériel coûte quelques dizaines d'euros. Mais, repris par des mains malhonnêtes, ce dispositif tout bête devient l'étape-clé d'une escroquerie moderne.

Pourquoi voit-on tant de vidéos de ce type aujourd'hui ? Parce que c'est facile, rapide, et cela fonctionne. En quelques clics, la vidéo d'un internaute est copiée, maquillée, repartagée, parfois sans qu'il le sache. Les plateformes, comme X ou Facebook, fonctionnent avec des algorithmes qui veulent surtout vous montrer ce qui fait le plus réagir, sans jamais contrôler si l'histoire est vraie ou fausse. Dès qu'une image donne l'impression d'un grand secret bien gardé ou d'un miracle technologique, les gens relaient et commentent, boule de neige assurée.

Alors, comment faire pour ne pas se faire avoir ? Quelques signes simples doivent vous alerter. Méfiez-vous de toute vidéo qui vous promet de gagner beaucoup d'argent en très peu de temps. Si l'histoire semble trop belle pour être vraie, c'est que c'est sûrement faux. Soyez aussi très prudent si la vidéo vous propose de cliquer sur un lien pour parier, investir, ou acheter une formation miracle. Enfin, si l'auteur vous promet un gain sans jamais donner de preuves vérifiables ou d'informations claires sur la société ou la provenance du service, passez votre chemin.