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A Marathon, en Floride, le 18 septembre 2017, après le passage de l'ouragan Irma (Photo JOE RAEDLE/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives)

Jeudi 05 octobre 2017, 10h44
Le marché du travail aux Etats-Unis devrait subir les dommages des ouragans en septembre, avec un net affaiblissement des créations d'emplois même si le taux de chômage devrait rester stable.

Le gouvernement publie vendredi à 12H30 GMT les chiffres officiels de l'emploi qui promettent d'être les plus mauvais depuis de longs mois en raison notamment des dévastations qui ont suivi les ouragans Harvey et Irma dans le sud du pays.

Les analystes s'attendent dans leurs prévisions médianes à ce que les créations nettes d'emplois tombent à 75.000 en septembre, moitié moins qu'en août. Le taux de chômage devrait rester à 4,4%.

Il est convenu d'estimer en effet qu'il suffit, à niveau égal de la population active, de 100.000 nouveaux emplois pour faire baisser le taux de sans-emploi. Celui-ci devrait donc rester stable.

Des équipes de secours survolent la zone de Beaumont, au Texas, après le passage de l'ouragan Harvey, le 30 août 2017 (Photo Brandon GILES/US Coast Guard/AFP/Archives)

Un premier indice de cet impact négatif des ouragans --qui ont provoqué des inondations massives au Texas, avec une suspension du fonctionnement des raffineries, et des pannes d'électricité en Floride--, est visible dans l'enquête mensuelle de la société d'établissement de fiche de paie ADP.

Selon cette estimation, qui ne porte que sur le secteur privé, les créations d'emplois ont nettement ralenti en septembre. Elles sont tombées à 135.000 contre 228.000 le mois précédent. C'est leur plus bas niveau depuis presque un an. Ce sont surtout les petites entreprises qui ont débauché.

Certains analystes, comme Jim O'Sullivan, économiste en chef de HFE, estiment que, même sans les dévastations des ouragans Harvey au Texas fin août et Irma en Floride début septembre, les créations d'emplois auraient ralenti à 175.000, le plus faible niveau depuis avril, dû à un essoufflement normal du marché du travail après deux ans de fortes embauches.

L'impact négatif des ouragans est néanmoins considéré comme passager. Le marché du travail "devrait rebondir dans les mois qui viennent", assure Mickey Levy de Berenberg Capital Markets ajoutant que "les fondamentaux du marché de l'emploi sont en bonne forme".

- Un oeil sur les salaires -

La présidente de la Fed, Janet Yellen, avait aussi prévenu fin septembre qu'"au vu des expériences passées", les ouragans n'allaient "pas altérer" le cours de la première économie mondiale "à moyen terme".

Une route submergée après la passage de l'ouragan Harvey, à Orange au Texas, le 3 septembre 2017 (Photo SCOTT OLSON/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives)

Les acteurs financiers surveilleront une fois de plus de près l'évolution des salaires, à travers celle du salaire horaire moyen qui jusqu'ici a été minimale, laissant les experts perplexes. La Réserve fédérale a même reconnu récemment avoir "mal jugé" l'évolution de l'inflation étant partie de la stipulation que si le taux de chômage est très bas, les employeurs vont faire un effort sur les rémunérations pour trouver la main d'oeuvre adéquate.

Cette hausse des salaires attendue est censée provoquer une augmentation des prix et une renaissance de l'inflation dans la foulée. Mais jusqu'ici, ces principes économiques ne se sont pas déclenchés.

L'inflation n'est toujours qu'à 1,4%, sur un an en août selon l'indice PCE, bien loin de la cible de 2% que la Fed estime saine pour l'économie. L'économie est, elle, proche du plein emploi depuis plus de six mois. Plusieurs facteurs sont à prendre en compte pour expliquer l'absence de hausse des prix, notamment les faibles coûts de l'énergie, la maigre productivité et le grand nombre d'emplois à temps partiel non-désiré qui constitue une manne de travailleurs disponibles qui ne se distingue pas dans le chiffre du taux de chômage.

Mais même s'ils reconnaissent avoir mal évalué l'évolution des prix, les principaux responsables de la banque centrale américaine continuent de croire que l'inflation est au coin de la rue.

"Je crois toujours que nous allons avoir une inflation plus forte", a prévenu mercredi Stanley Fischer, le vice-président de la Fed. "Le mécanisme de base est que le chômage a reculé de façon continue et que les salaires vont finir par augmenter", a assuré le numéro 2 de l'institution monétaire.

vmt/nas/spi

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