Fatigue mais impossibilité de dormir, émotions incontrôlables, mal-être généralisé... Le stress professionnel est un jour devenu ingérable pour vous. Jusqu'à ce que vous repreniez le dessus. Racontez-nous.
Travailler 17h par jour pendant 5 semaines ; manger très peu ; dormir 5h et regarder la télé 2h par jour = 24h. Ne pas me laisser de réel moment de repos (répits ?) de peur de relâcher la pression, ne pas arriver à boucler les projets. J'en pouvais plus, j'ai pensé à me suicider, pour ne plus avoir la pression. Dans mon entourage direct et indirect, personne ne s'en rendu compte de mon état psychique et physique - on me disait simplement que je bossais trop - mais vu ma capacité à travailler au-delà des limites, je les ai simplement repoussées un peu (beaucoup) plus. Je gardais sourire et bonne humeur.
Qu'avez fait pour remonter la pente ?
J'ai pris conscience du burnout le jour où je me suis effondrée en larmes face au médecin à qui je demandais un renouvellement d'antihistaminique. Si je n'avais pas pris ce rdv 10 jours avant, je ne serai pas allée chez le médecin, qui m'a mis 3 jours en arrêt maladie, car le 4e jour j'avais rdv avec un important client (et je me devais d'être présente !) Ces 3 jours, je les ai passés à pleurer - ce qui ne m'arrive jamais. Le 4e jour, j'ai informé la Direction de l'entreprise que j'étais en burnout, qui m'a dit "c'est quoi ?" et le client m'a dit qu'il était tellement content qu'il voulait que je vienne sur leur site 15 j (à 700 km de chez moi). Là, j'ai dit à la Direction "c'est pas que je ne veux pas, mais je ne peux pas" - pour la 1e fois en 9 ans de boite, j'ai refusé un projet ! Et ça a été accepté sans souci par la Direction. Hallucinant ! Ce même jour on m'apprenait qu'un autre client avait besoin de mes compétences - et ça se passe très bien avec lui (j'en fais beaucoup mais pas trop à me tuer). J'ai informé 3 de mes collègues de confiance (ça m'a beaucoup aidé) et 3 personnes de ma famille. Ca va faire un an que ça s'est passé : j'y repense, car déjà en 2006 j'avais eu envie de me suicider si on me demandait de supprimer mes congés et venir travailler 12h/j entre le 24 et le 31 décembre (c'était inratable : personne ne m'aurait trouvé au bureau : site fermé) ; et l'an dernier j'étais en télétravail, seule. Mais aller expliquer (prouver) que la seule issue à la pression professionnelle (de rendre des projets au plus vite quelles ques soient les conditions dans lesquelles ils sont réalisés) est le suicide, alors que vous adorez la vie, avez de vrais amis et une famille super... J'ai failli y passer, pour un salaire de 20Ke avec jamais une heure supp payée. Mais il y en a qui sont allés jusqu'au bout, alors je n'oublie pas.