Baromètre de la négociation immobilière : les acheteurs marquent le pas

Baromètre de la négociation immobilière : les acheteurs marquent le pas Les futurs acquéreurs sont moins nombreux à vouloir discuter le prix des biens avec les vendeurs et le font moins systématiquement.

Les acquéreurs potentiels auraient-ils senti le rapport de force tourner en leur défaveur ? C'est ce que peut porter à croire la dernière édition du Baromètre de la négociation immobilière, réalisé par Logic-Immo.com pour le JDN. A 89% au 2e trimestre 2018, jamais la part de candidats à l'achat se disant prêts à négocier n'a été aussi "faible" depuis le lancement de cet indicateur fin 2014. Certes, ce chiffre reste élevé dans l'absolu mais il accuse un recul de 4,3 points par rapport au plus haut historique enregistré fin 2016.

Lorsqu'on regarde dans le détail aussi, les futurs acheteurs semblent avoir modéré leurs ardeurs : seuls 40% des 1 217 personnes ayant un projet d'acquisition d'ici à un an interrogées par le portail d'annonces immobilières déclarent vouloir négocier systématiquement, quel que soit le prix de vente. Là encore, il s'agit d'un niveau historiquement bas depuis la création du baromètre JDN/Logic-Immo.com et inférieur de 6,5 points par rapport à la précédente mesure. A noter que ce taux passe à 45% sur le seul segment de l'ancien, alors qu'il plafonne à 33% sur celui du neuf.

Tous segments confondus, la proportion de futurs acheteurs disposés à engager un bras de fer avec le vendeur uniquement si le prix du bien leur paraît surélevé, elle, progresse et passe de 44,1% au 1er trimestre 2018 à 49%. Un chiffre qui, une fois de plus, n'avait jamais été atteint dans la jeune histoire du présent baromètre et qui grimpe même à 57% dans la promotion immobilière. C'est par ailleurs sur ce segment spécifique que la part d'acheteurs potentiels déclarant ne pas vouloir négocier est la plus élevée, à 8% contre 3% seulement dans l'ancien. Enfin, sur le marché immobilier dans son ensemble, la part d'acquéreurs potentiels indécis quant à la perspective d'une négociation immobilière s'élève à 8%. Un niveau qui n'avait pas été atteint depuis fin 2016.

Non pas que les candidats à l'achat aient le sentiment que les prix sont davantage en phase avec la réalité du marché : ils sont même moins nombreux à le penser (34,2%) que lors de la dernière prise de pouls en janvier dernier (41,6%). Dans le détail, sur le marché des biens existants, 59% des acquéreurs potentiels considèrent que les prix immobiliers ne sont pas réalistes, contre 56% sur le marché de la construction et 52% sur celui de la promotion immobilière.

Alors pourquoi les futurs acheteurs sont-ils moins enclins que jamais à négocier ? "La raison de ce revirement se trouve dans une tension croissante sur le marché avec, désormais, un ratio de près d'un vendeur pour deux acheteurs, explique Stéphanie Pécault, responsable des études chez Logic-Immo.com. Ainsi, avec ce déséquilibre entre l'offre et la demande, le scénario d'une hausse des prix est de plus en plus privilégié par les candidats à l'accession (41%)." Si les acquéreurs potentiels sont une majorité à trouver que les prix actuels ne sont pas en adéquation avec la réalité du marché, ils craignent donc que la situation se dégrade à l'avenir.

Méthodologie

Chaque trimestre, Logic-Immo.com publie son Observatoire du moral Immobilier (OMI). L'OMI repose sur une enquête menée auprès d'un échantillon représentatif redressé à partir des données de cadrage TNS Sofres. Pour la 25e édition de l'OMI, 1 217 personnes ayant un projet d'acquisition d'un logement d'ici à 1 an ont été interrogées en avril 2018. Logic-Immo.com leur a posé deux questions en exclusivité pour le JDN. Logic-Immo.com est une marque de Concept Multimédia. Logic-Immo.com compte plus d'1 million d'annonces en ligne (juillet 2018) et totalise près de 14,6 millions de visites web, mobile et applis mobile et tablette (février 2018).

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