Kubernetes fête cinq ans de règne sans partage

Kubernetes fête cinq ans de règne sans partage En juin 2014, Google présentait pour la première fois son orchestrateur. Depuis, cette technologie open source n'a cessé de s'imposer dans l'univers des containers logiciels.

C'est le 7 juin 2014 que le projet Kubernetes sort officiellement du bois. Ce jour-là est publié par Google le tout premier commit du projet open source sur GitHub. Il est mis en ligne par Joe Beda, alors senior staff software engineer chez Google. Il s'agit d'un des trois développeurs du groupe, avec Brendan Burns et Craig McLuckie, à l'origine de la première mouture de Kubernetes. L'orchestrateur de containers logiciels est la réécriture en Go de Borg, un système de clustering fait maison utilisé par le géant américain depuis des années. Google Search, Maps, Gmail, Youtube, etc. Tous ses services reposent sur des grappes de centaines de containers pilotées par Borg. Via cette brique, Google arrête et redémarre pas moins de 2 milliards de containers chaque semaine.

En interne, Kubernetes est baptisé Project Seven en référence à un personnage de Star Trek : un borg devenu proche des humains qui apparaît dans la série Star Trek: Voyager. Les sept rayons de la barre à roue du polygone formant le logo de Kubernetes font référence à ce nom de code.

Google livre la version 1.0 de Kubernetes le 21 juillet 2015. Il signe en parallèle un partenariat avec la fondation Linux. L'accord donne naissance à la Cloud Native Foundation qui aura pour vocation de fournir une structure de financement et une gouvernance communautaire au projet open source. Depuis, les contributeurs au code de Kubernetes se pressent au portillon. Aux côtés de Google qui demeure parmi les plus impliqués, on relève également la présence de Red Hat, Microsoft ou encore VMware.

La Rolls Royce des orchestrateurs Docker

"Le projet open source Kubernetes prône la vision d'un système d'information consolidé sur un seul meta-cluster piloté via un orchestrateur de containers unique. Une infrastructure pouvant être, dans le même temps, découpée en sous-clusters géographiques distribués sur plusieurs clouds, privés et/ou publics. Le tout dans une logique de ressources informatiques partagées", analyse Didier Girard, directeur des opérations et de l'innovation au sein de l'ESN française Sfeir. Un tel framework permet en théorie de se soustraire d'un cloud unique en ouvrant la possibilité de répliquer et orchestrer des applications quelle que soit la plateforme ou le fournisseur. Dans sa version 1.6, Kubernetes peut supporter des clusters allant jusqu'à 50 000 machines.

"Avec Kubeflow, Kubernetes gère l'entrainement de modèles de machine learning puis assure leur portabilité vers des serveurs de production"

Sans surprise, Google est le premier, dès 2015, à lancer un service Kubernetes managé en mode cloud. Principal avantage de ce modèle : il évite d'avoir à installer et mettre à jour l'orchestrateur en le proposant sous la forme d'un environnement de production informatique prêt à l'emploi. En 2017, Amazon et Microsoft lui emboîtent le pas en annonçant tous deux des offres équivalentes : Amazon Elastic Container Service for Kubernetes (EKS) pour le premier et Azure Kubernetes Service (AKS) pour le second. En parallèle de ces offres cloud, des éditeurs commercialisent des distributions Kubernetes déployables en local. Les trois plus populaires sont signées Docker (avec Docker EE), Red Had (OpenShift) et Rancher.

Comme pour la plupart des grandes infrastructures open source, une société s'est constituée pour proposer un support professionnel autour de Kubernetes. Il s'agit d'Heptio. Fondée par Craig McLuckie et Joe Beda qui ont quitté Google, elle a levé 33,5 millions de dollars avant d'être acquise par VMware fin 2018. Le montant de l'opération n'a pas été dévoilé. Heptio est à l'origine de plusieurs technologies complétant l'orchestrateur : Sonobuoy, un outil d'analyse de performance, Contour, un équilibreur de charge, Cardan, un routeur multi-grappes, Arche, un système de reprise sur incident en cas de crash d'un cluster, et enfin Ksonnet, un framework de gestion des configurations. Avec Heptio, VMware devient de facto un acteur incontournable de l'écosystème Kubernetes.

Kubeflow pour l'IA, Knative pour l'automatisation

En 2018, Kubernetes s'est par ailleurs enrichi de deux briques incontournables. La première, baptisée Kubeflow, est centrée sur l'IA. "Grâce à cette solution, Kubernetes peut gérer l'entrainement de modèles de machine learning de manière optimisée puis assurer leur portabilité vers des serveurs de production, avec la garantie d'un résultat équivalent de bout en bout", commente Pascal Rabier, cloud platform customer engineer chez Google (lire l'article : Kubeflow, l'arme open source de Google pour démocratiser l'IA). Seconde brique : Knative. Adjoignant à Kubernetes une couche de platform as a service, elle est conçue pour rendre transparent le déploiement d'applications. "Avec Knative, les développeurs s'affranchissent des couches basses de Kubernetes en bénéficiant d'un management automatisé. Ils peuvent ainsi se concentrer sur le code", explique Bastien Legras, directeur technique de Google Cloud France (lire l'article : Avec Knative, Google fait de Kubernetes une plateforme).

Qu'en est-il du taux de pénétration de Kubernetes aujourd'hui ? D'après la dernière étude de l'éditeur américain Datadog, l'orchestrateur était implémenté fin 2018 par environ 33% des organisations équipées d'environnements containérisés sous Docker, contre 23% un an auparavant. Très loin derrière, ses concurrents, au premier rang desquels Swarm, ne sont pas cités dans l'enquête tant leur part de marché est minime. 

Graphique tiré de la dernière étude de Datadog sur l'usage des containers et de Kubernetes à travers le monde. © Datadog

Méthodologie : Datadog a réalisé son étude à partir des données d'usage de milliers de ses clients à travers le monde. Elles proviennent des logs de sa solution de monitoring de la performance des systèmes cloud. Les containers sortant du domaine des applications ont été exclus du baromètre (containers de DNS, d'agents Datadog ou ECS, système Kubernetes, etc.). Au total, l'étude a pu compiler des données en provenance de quelque 500 millions de containers. Présents dans la plupart des secteurs d'activité, les clients de Datadog présentent des profils allant de la start-up au grand groupe du Fortune 100.

A lire aussi 

Kubernetes fête cinq ans de règne sans partage
Kubernetes fête cinq ans de règne sans partage

C'est le 7 juin 2014 que le projet Kubernetes sort officiellement du bois. Ce jour-là est publié par Google le tout premier commit du projet open source sur GitHub . Il est mis en ligne par Joe Beda, alors senior staff software engineer chez...