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Le président Emmanuel Macron (d) et le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, le 12 octobre 2017 à l'Elysée à Paris (Photo LUDOVIC MARIN/AFP)

Jeudi 12 octobre 2017, 18h32
Emmanuel Macron a reçu jeudi en tête à tête les partenaires sociaux pour lancer la vaste réforme de la formation et de l'assurance chômage, un chantier périlleux que le pouvoir veut mener à bien d'ici à l'été 2018.

Au cours de cette journée marathon, se sont succédé à l'Elysée sept leaders syndicaux et patronaux, dont Jean-Claude Mailly (FO), Philippe Martinez (CGT) et Pierre Gattaz (Medef), en attendant Laurent Berger (CFDT) vendredi matin.

Ils ont été reçus chacun environ une heure dans une ambiance "attentive et constructive" selon l'Elysée, mais les discussions n'ont pas débouché sur de nouvelles annonces sur les projets de l'exécutif.

"L'architecture n'est pas encore définie, cela va faire l'objet des discussions dans les semaines à venir", a résumé M. Mailly.

Cette concertation débute dans un climat qui s'est alourdi depuis les ordonnances sur le code du travail, première réforme sociale d'envergure depuis l'élection de M. Macron. Après la mobilisation des fonctionnaires mardi, la CGT a appelé à manifester le 19 octobre pour le retrait de ces textes déjà entrés en vigueur.

Le président du Medef Pierre Gattaz à la sortie de l'Elysée après un entretien avec le président Emmanuel Macron, le 12 octobre 2017 (Photo ludovic MARIN/AFP)

Selon la méthode testée cet été avec les ordonnances, le président ouvre la concertation, puis passe le relais au Premier ministre Edouard Philippe et à la ministre du Travail Muriel Pénicaud, qui recevront les partenaires sociaux à Matignon du 17 au 19 octobre. Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer sera présent pour le volet apprentissage. Un projet de loi est attendu en avril.

La CGT a de nouveau critiqué cette méthode, y voyant surtout "de la communication" plutôt qu'une vraie concertation. "J'ai rappelé au président que se voir c'est bien, discuter ça sert toujours, mais que nous n'avions pas des têtes d'alibis", a rapporté M. Martinez.

Le président Emmanuel Macron (g) et Jean-Claude Mailly, numéro un de FO, le 12 octobre 2017 à l'Elysée à Paris (Photo LUDOVIC MARIN/AFP)

Le leader cégétiste réclame des discussions sur la base d'un "texte" et l'organisation de "multilatérales" réunissant tous les partenaires sociaux. François Hommeril (CFE-CGC) a également jugé que ce format de bilatérales n'était "pas adapté".

Mais un tel processus permet "de discuter, d'avoir des idées" et de "mettre les choses sur la table", s'est félicité Pierre Gattaz, le patron du Medef.

- "Beaucoup d'incertitudes" -

La réforme de l'assurance chômage, qui doit être étendue aux indépendants et aux démissionnaires, cristallise le plus l'attention. Les syndicats craignent que l'arrivée de ces nouveaux bénéficiaires n'entraîne une baisse des allocations pour l'ensemble des chômeurs.

Il n'est "pas question de réduire les droits des privés d'emploi", a averti M. Martinez, tandis que M. Mailly s'est exprimé contre "un système a minima" pour les indemnisations chômage.

M. Hommeril a fait part, lui, de ses inquiétudes sur les "effets d'aubaine" de l'ouverture de droits aux démissionnaires.

"Cela pose un petit problème économique", a renchéri M. Gattaz, qui s'est dit attaché au fait qu'on "ne baisse pas les indemnités" actuelles des chômeurs.

Emmanuel Macron "souhaite que cette réforme se fasse d'une manière juste et contrôlable" financièrement, a fait savoir l'Elysée.

Autres sujets de friction: le financement et la gouvernance de l'Unédic, le gestionnaire de l'assurance chômage. Le gouvernement prévoit que, dès 2018, le régime ne soit plus uniquement financé par les cotisations, mais également par l'impôt (CSG), et qu'il passe d'une gestion paritaire par les partenaires sociaux à une gestion tripartite avec l'Etat. MM. Mailly et Martinez ont vilipendé ce projet, défendant le rôle des syndicats et du patronat.

Le président du Medef s'est dit "un tout petit peu réservé" sur ce thème.

Sur le volet formation professionnelle, M. Mailly et Philippe Louis (CFTC) ont compris de leur discussion à l'Elysée qu'il y aurait une négociation entre partenaires sociaux plutôt qu'une simple concertation.

Le gouvernement veut, comme d'autres avant lui, simplifier un secteur peu lisible où se côtoient de nombreux acteurs, en s'appuyant sur le compte personnel de formation (CPF).

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