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La guerre de la banque mobile s'organise, face à Orange Bank
"Orange Bank c'est une curiosité et probablement une menace" pour les banques traditionnelles, explique à l'AFP Baudouin Choppin de Janvry, directeur au sein du cabinet de conseil Deloitte et spécialiste de l'industrie financière (Photo ERIC PIERMONT/AFP/Archives)

Le lancement prévu le 2 novembre d'Orange Bank, future banque mobile du groupe de télécoms, sera scruté à la loupe par le secteur bancaire qui organise la résistance face à ce nouveau concurrent potentiellement redoutable.

"Orange Bank c'est une curiosité et probablement une menace" pour les banques traditionnelles, explique à l'AFP Baudouin Choppin de Janvry, directeur au sein du cabinet de conseil Deloitte et spécialiste de l'industrie financière.

Vendredi 06 octobre 2017, 18h58
Fort de 25 millions de clients dans la téléphone mobile, Orange s'est juré de bousculer les services bancaires traditionnels, Orange Bank promettant une ouverture de compte simplifiée, la mise à disposition gratuite d'une carte de paiement et l'absence de frais de tenue de compte pour les utilisateurs actifs.

D'autres services, comme l'accès à un conseiller virtuel doivent muscler encore davantage l'attractivité d'Orange Bank qui vise deux millions de clients d'ici dix ans, via un investissement global de 500 millions d'euros.

"C'est un compétiteur de plus sur un marché déjà fourni", avec l'apparition d'une multitude de jeunes sociétés innovantes- les "fintech" - bien décidées à tailler des croupières aux établissements traditionnels, grince un dirigeant de groupe bancaire français sous couvert d'anonymat.

Bon nombre d'acteurs du secteur redoutent en effet que l'arrivée du nouveau venu n'ouvre une guerre des prix, érodant des marges bénéficiaires déjà mises à rude épreuve par un contexte de taux d'intérêts très bas.

- Révolution mobile -

Ces derniers mois, les banques traditionnelles se sont peu exprimées sur l'arrivée d'Orange Bank. Le patron de Crédit Agricole SA, Philippe Brassac, a toutefois jeté un pavé dans la mare début mai en affirmant qu'il serait un concurrent "potentiellement très important" et "puissant dans le temps".

Crédit Agricole prépare d'ailleurs le lancement fin novembre d'une offre bancaire simplifiée, accessible via un téléphone mobile et à prix modéré pour concurrencer - entre autres - Orange Bank, selon Les Echos.

Qu'il s'agisse de consulter ses comptes, de réaliser des paiements ou encore de gérer son budget, l'utilisation de services bancaires passe de plus en plus souvent par les téléphones mobiles. Une révolution sur laquelle Orange Bank compte bien s'appuyer pour s'imposer rapidement, grâce au savoir faire de sa maison mère dans les télécoms.

"Le 2 novembre, c'est un démarrage", d'un "projet évolutif qui va s'enrichir au fur et à mesure", on a un calendrier de lancement "de nouvelles fonctionnalités sur toute l'année 2018, du crédit à la consommation, des produits d'épargne…", a déclaré jeudi à l'AFP Stéphane Richard, le PDG du groupe télécom.

Orange n'est pas le seul à lorgner sur les services financiers : son rival Altice, maison mère de l'opérateur SFR, a annoncé début juillet travailler au lancement d'une banque à l'échelle européenne d'ici 2019.

- "On a plus peur des Gafa" -

Paradoxalement, ce n'est peut-être pas pour y chercher fortune que les géants de la téléphonie s'aventurent dans la finance, estiment certains observateurs.

Dans le cas d'Orange, "si l’on regarde l’investissement prévu et le nombre de clients visé, le projet n’est pas rentable sur les dix ans à venir", pointe Nicolas Babel, directeur au sein du cabinet D-Rating, agence de notation de la performance numérique.

Le projet ne devient rentable "que si un client à la fois bancaire et télécom change moins souvent d'opérateur télécom que précédemment", explique-t-il.

Soucieux de ne pas se faire doubler par de nouveaux entrants plus petits mais innovants, les mastodontes bancaires n'ont pas attendu pour lancer la riposte.

En pratique, la résistance passe par de nombreux programmes d'incubation de jeunes pousses technologiques, des investissements dans celles-ci, voire des rachats, comme celui de Compte Nickel par BNP Paribas.

Certains relativisent toutefois la menace des opérateurs télécoms devenus banquiers : "le vrai concurrent, c'est le big data. On a davantage peur des Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon, ndlr) et de la désintermédiation que d'Orange Bank", assure à l'AFP une source syndicale bancaire.

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