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Alitalia prévoit 2.037 suppressions d'emplois dans le personnel au sol (Photo ALBERTO PIZZOLI/AFP)

Vendredi 17 mars 2017, 16h39
La compagnie aérienne italienne Alitalia, en grande difficulté, prévoit de supprimer 20% de ses effectifs et de réduire les salaires de près d'un tiers, un plan jugé inacceptable par les syndicats qui ont appelé à la grève le 5 avril.

Alitalia, qui subit de plein fouet la concurrence des compagnies low cost comme Ryanair, accumule les pertes depuis des années.

Dans une énième tentative de redressement, elle a annoncé mercredi un nouveau plan stratégique qui prévoit une réduction des coûts d'un milliard d'euros et une hausse de 30% de son chiffre d'affaires d'ici à 2019, via des offres plus compétitives sur le court et moyen courrier.

Alors que la direction n'a donné aucun détail sur les conséquences sur l'emploi, les syndicats ont appris vendredi que le plan se traduirait par 2.037 suppressions de postes parmi le personnel au sol, comme la presse le laissait entendre depuis plusieurs semaines.

A ceux-ci s'ajoutent 400 membres du personnel naviguant, qui bénéficient d'un contrat garanti dans le cadre de mesures visant à maintenir l'emploi mais arrivant à expiration fin 2017.

La compagnie, qui compte environ 12.000 salariés, entend ainsi se séparer d'un cinquième de ses effectifs.

- Plan 'pas crédible' -

Alitalia a en outre demandé une réduction des salaires de 28% pour les pilotes sur les vols à moyen courrier, 22% pour les long courrier et 32% pour les hôtesses de l'air et stewards.

En réaction, les syndicats, de façon unitaire, ont appelé à une grève de 24 heures le 5 avril.

Ce plan de relance "n'est absolument pas crédible, il ne prévoit que des coupes dans le personnel et les salaires", a dénoncé le secrétaire général du syndicat Uiltrasporti, Claudio Tarlazzi, à l'issue d'une rencontre des syndicats avec la direction.

"L'hypothèse d'une augmentation des revenus sur les vols à long courrier, avec huit nouveaux avions en l'espace de cinq ans, (...) est difficile à croire", a-t-il souligné, en relevant que l'alliance avec Delta et le groupe Air France-KLM empêchait Alitalia de développer librement des vols vers l'Amérique du Nord.

Les syndicats ne comprennent pas non plus la décision de la direction de supprimer 20 avions sur les vols à moyen et court courrier.

Alitalia assure que son plan prévoit des "mesures radicales" et "indispensables pour donner de la stabilité à la compagnie et garantir sa soutenabilité à long terme".

L'objectif est d'atteindre la profitabilité d'ici à 2019. Une source syndicale a indiqué à l'AFP que la direction avait ainsi promis l'embauche de 500 pilotes et personnel de bord à partir de 2019.

- Trésorerie à sec -

Alitalia a adopté un nouveau plan stratégique, prévoyant une réduction des coûts d'un milliard d'euros (Photo Vincenzo PINTO/AFP/Archives)

Prise en étau entre les low cost et les compagnies du Golfe offrant des services plus haut de gamme, Alitalia, dont la présence sur le long courrier est réduite, connaît des difficultés depuis très longtemps.

Malgré l'entrée de la compagnie émiratie Etihad à son capital en 2014, à hauteur de 49%, et malgré les fonds injectés par cette dernière, elle n'est pas parvenue à redresser la barre.

Alors qu'elle visait un retour à l'équilibre en 2016 et aux bénéfices en 2017, sa perte s'est élevée à 460 millions d'euros l'an passé et devrait encore atteindre plusieurs centaines de millions cette année.

"L'industrie aérienne est férocement concurrentielle (...). Seul un changement radical permettra de redonner un avenir à notre compagnie", a jugé son patron Cramer Ball, qui planche sur ce plan depuis des mois, sur fond de tensions avec les banques actionnaires Intesa Sanpaolo et UniCredit.

Sur les vols court et moyen courrier, Alitalia prévoit de nouvelles offres compétitives inspirées du modèle des low cost, qui représentent 47% du marché aérien en Italie, avec des services payants comme le choix de sièges, les bagages en soute ou l'embarquement prioritaire.

Sur le long courrier, la compagnie entend développer ses vols de l'Italie "vers les Amériques", en cherchant à réduire ses coûts tout en maintenant son niveau de service.

Mais les actionnaires ne financeront le plan que si les syndicats acceptent le nouvel accord collectif de travail et les réductions d'effectifs, avait prévenu mercredi la direction.

Avec un délai limité, car la trésorerie d'Alitalia sera à sec au plus tard mi-avril.

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