Prix immobilier 2016 : le point en France et dans le monde

Prix de l'immobilier dans le monde Prix du neuf et de l'ancien, par ville, par département, par pays, tension immobilière... Voici tout ce qu'il y a à savoir sur les prix immobiliers.

Le dernier quart du 20e siècle a été marqué par une envolée du prix de la pierre dans tous les pays, à quelques exceptions près. Mais depuis le milieu des années 2000, la tendance dans l'immobilier est à la correction, voire à l'effondrement du prix de l'immobilier dans certaines régions du monde.

Les prix immobiliers pays par pays

Pour y voir plus clair, le JDN a lancé son guide interactif des prix de la pierre, un outil qui permet de comparer l'évolution du prix immobilier dans 21 pays depuis 1975. Dans le menu de droite, choisissez les pays pour lesquels vous souhaitez afficher les données et à l'aide de la "time line" située sous le graphique, sélectionnez la période sur laquelle vous voulez les confronter en déplaçant les boutons.

Où en est le marché immobilier mondial au 4e trimestre 2015 ? En Irlande et en Espagne, la bulle immobilière a éclaté fin 2007. Mais alors que le prix de l'immobilier a remonté dans le premier (+22% depuis le 2e trimestre 2013), la tendance est à la stabilisation dans le second (-0,8% entre le 1er trimestre 2014 et le 4e trimestre 2015).

A Londres, le risque de bulle immobilière est élevé

Aux Etats-Unis, la chute de l'indice des prix amorcée en 2007 a été vertigineuse (-18% entre le 2e trimestre 2007 et le 2e trimestre 2012), mais le marché s'est nettement redressé depuis l'été 2012 (+19%). A 613 points fin 2015, l'indice des prix des logements a même atteint un niveau qu'il n'avait pas connu depuis le 1er trimestre 2008. Entre 2012 et 2015, le prix médian des logements anciens dans les zones métropolitaines s'est lui aussi apprécié dans le pays de l'Oncle Sam (+26%, selon les chiffres des Realtors). Entre le 1er trimestre 2015 et le 1er trimestre 2016, la progression est de 6,3%. A noter toutefois qu'il a légèrement reculé entre le 3e et 4e trimestre 2015 (-3%). Le ralentissement de la reprise qu'ont connue les Etats-Unis récemment serait-il en marche ? Oui, à en croire les prévisions du site immobilier Redfin : "Comme la hausse des prix ralentit peu à peu et que les taux hypothécaires augmentent, davantage de propriétaires feront du sur-place. Les ventes [en 2016, NDLR] progresseront deux fois moins vite qu'elles l'ont fait cette année et les prix progresseront à un rythme plus normal de 3,5 à 4,5%, en deçà des près de 6% pour 2015". A noter qu'il n'y a pas un mais des marchés immobiliers américains. Et tous n'ont pas évolué de la même manière ces dernières années. A San-Francisco, par exemple, le prix médian des logements individuels a grimpé de 44% entre 2012 et 2015. La hausse atteint 8% rien qu'entre le 1er trimestre 2015 et le 1er trimestre 2016. Un marché surévalué, d'après le géant de l'industrie bancaire suisse UBS. A l'inverse, le marché immobilier à Chicago est aujourd'hui sous-évalué, selon la société de services financiers helvétiques. Dans cette zone métropolitaine, l'indice des prix a toutefois progressé de 8,4% entre le 1er trimestre 2015 et le 1er trimestre 2016.

Quid de l'immobilier en France ? Dans l'Hexagone, le prix de la pierre augmente de 0,4% par rapport au 3e trimestre 2015, après une progression de 0,3% au trimestre précédent. On n'avait pas constaté deux hausses consécutives de l'indice depuis fin 2011. Sur un an, en revanche, les prix immobiliers sont en léger recul (-0,1%). Depuis le 3e trimestre 2011, l'indice a perdu 6,6%.

Dans son étude biannuelle sur les marchés de l'immobilier en Europe de mars 2016, l'agence de notation Standard & Poor's table sur une stabilité du prix de la pierre en France en 2016. 2017, elle, devrait être l'année de la remontée des prix (+3%).

Xerfi, lui, prévoit un rebond des tarifs dès cette année (+1,7% dans l'ancien), qui devrait se poursuivre en 2017 (+2,1%). Les ventes, elles, devraient s'établir à 792 000 en 2016 et frôler la barre symbolique des 800 000 en 2017. D'après le cabinet d'analyses, "un nouveau cycle haussier est enclenché". "Si les ventes sont reparties, expliquent les experts, c'est que les acheteurs n'anticipent plus de baisses de prix et qu'ils jugent le moment opportun pour franchir l'étape avec des taux d'intérêt de nouveau collés à leur plancher." D'autant que les banques, ajoute Xerfi, prêtent beaucoup. "Bien entendu, il n'y a pas de correspondance exacte entre le dynamisme de la production de crédit et l'état de santé du marché immobilier, car les très bonnes conditions de financement sont une incitation forte à emprunter davantage et à réduire son apport personnel, voire à renégocier son prêt quand celui-ci a été contracté alors que les taux étaient plus hauts, nuance le cabinet. Mais pas de doute, aujourd'hui les conditions de financement et l'attitude des banques poussent bien le marché à la hausse." Le renforcement en 2016 du PTZ y est également pour beaucoup, selon Xerfi.

En France, les prix devraient repartir à la hausse en 2017

Et de l'autre côté de la Manche ? Pendant longtemps, les courbes d'évolution du prix de l'immobilier en France et au Royaume-Uni ont été sensiblement identiques. Mais ça, c'était avant. Depuis le 2e trimestre 2011, le prix de l'immobilier a augmenté de 28,1% outre-Manche, alors que, dans l'Hexagone, il a diminué de près de 6% sur la période. Sur un trimestre, l'indice des prix a augmenté au de 1% au Royaume-Uni (+1%) (+7,1% sur un an). A Londres, la progression est encore plus fulgurante que dans les autres régions du pays : l'indice du prix des logements a bondi de 10,6% entre octobre 2014 et octobre 2015. Le risque de bulle immobilière y est élevé, d'après UBS.

En Asie, les prix n'ont pas évolué de la même manière d'un pays à l'autre. Au Japon, ils reculent depuis le début des années 1990 – à noter toutefois un ralentissement du rythme de baisse depuis fin 2011 – alors qu'ils ont flambé en Corée du Sud jusqu'au 2e trimestre 2012. Depuis cette date, la tendance est à la légère hausse dans le pays. En Afrique du Sud, c'est tout l'inverse : le prix de l'immobilier grimpe à un rythme exponentiel depuis début 2012 (+35%).

Les prix immobiliers en France

Voici, grâce aux données de MeilleursAgents.com, le prix moyen du mètre carré par département (maisons et appartements confondus) en septembre 2016.

Le prix moyen du m² par département

Passez votre souris sur un département pour connaître le prix moyen du m²

Dans près d'un tiers des départements français, parmi lesquels figurent les Ardennes, le Cantal ou encore les Vosges, le prix moyen du mètre carré reste en deçà des 1 300 euros. Dans quelques rares autres, il excède les 4 000 euros. C'est le cas en Ile-de-France, dans les Hauts-de-Seine, dans le Val-de-Marne ainsi qu'à Paris, ainsi que dans les Alpes-Maritimes.

Et que la tendance soit ou non à la baisse du prix de l'immobilier sur l'ensemble du territoire (l'indice du prix des logements anciens a diminué de 6,4% en France métropolitaine depuis le troisième trimestre 2011 en données corrigées des variations saisonnières), ces marchés ne s'écroulent pas, tant soutenus qu'ils sont par la demande de logements. Dans le département de Paris, le prix moyen du mètre carré, appartements et maisons confondus, s'établit à 8 322 euros au 1er septembre 2016 (+0,2% par rapport à l'été 2016), soit 268 euros de moins qu'en juin 2011, lorsqu'il avait atteint son plus haut historique. Dans les Hauts-de-Seine, le prix de l'immobilier atteint 5 434 euros en juillet 2016 (-0,3% par rapport à juillet 2016). A l'opposé de l'échelle, il plafonne à 878 euros dans la Creuse (-0,8%) et à 896 euros dans la Meuse (-0,8%).

Prix de l'ancien et du neuf

Au 2trimestre 2016, les prix des logements anciens en France métropolitaine sont stables sur trois mois (données corrigées des variations saisonnières), après trois trimestres de hausse consécutifs, ce qui ne s'était pas produit depuis le 3e trimestre 2011. Sur un an, ils augmentent pour la deuxième fois d'affilée (+0,7%, après +0,6% au 1er trimestre), ce qui ne s'était pas produit depuis début 2012.

Dans le détail, les prix des maisons augmentent sur un an (+0,9%), tout comme ceux des appartements qui enregistrent une hausse au 2e trimestre 2016 (+0,7%). Une première depuis le 2e trimestre 2012.

En données brutes (graphique ci-dessus), l'indice des prix des logements anciens progresse de 0,5% sur un trimestre et de 0,7% sur un an.

A Paris, non seulement la tendance est à la hausse du prix des appartements anciens sur un an (données CSV) pour le troisième trimestre d'affilée mais le rythme de la progression s'accélère également : +2,6% au 2e trimestre 2016, après +1,3% au 1er trimestre et +0,4% au dernier trimestre 2015. C'est la plus forte augmentation observée depuis quatre ans. Sur un trimestre, les prix sont en hausse de 1,1%.

Dans le neuf, l'indice du prix des logements est, pour le deuxième trimestre consécutif, en baisse sur trois mois au 1er trimestre 2016 (-0,2% en données brutes). Sur un an, il reste en hausse (+0,9%).

Le prix de l'immobilier dans les grandes villes de France

Passez votre souris sur une ville pour connaître le prix moyen des appartements en septembre 2016

Sans grande surprise, c'est à Paris que les prix des appartements, net vendeur, c'est-à-dire hors frais d'agence et frais de notaire, sont les plus élevés, à 7 912 euros le mètre carré en septembre 2016, selon le site d'informations immobilières MeilleursAgents, soit une hausse de 2,2% par rapport à septembre 2015.

Autre grande ville qui brille par des tarifs immobiliers élevés, Cannes, avec 5 381 euros le mètre carré. C'est nettement plus qu'à Antibes, située à quelques kilomètres, où le prix moyen du mètre carré pour les appartements s'élève à 4 398 euros au 1er septembre 2016. Les tarifs sont en baisse de 0,3% sur un an dans l'une comme dans l'autre.

Quid de la deuxième ville la plus peuplée de l'Hexagone ? A Lyon, le prix des appartements est en hausse de 3,2% sur un an, à 3 291 euros le mètre carré en septembre. Marseille, quant à elle, affiche un  prix moyen du mètre carré de 2 397 euros, en baisse de 0,9% par rapport à septembre 2015.

Mais ce recul n'est rien en comparaison de celui qu'enregistrent certaines communes, comme Mulhouse (-6,6% sur un an), Roubaix (-5,5%) ou encore Tourcoing, Rouen et Saint-Etienne (-4,3%). A l'inverse, certains marchés tirent leur épingle du jeu. Parmi eux figurent Lyon, qui enregistre la plus forte hausse depuis septembre 2015, Reims (+3,1% entre septembre 2015 et septembre 2016) et Bordeaux (+2,9%).

Devenir propriétaire sans payer le prix fort, c'est possible. © JDN

La pression immobilière en France

Les prix de l'immobilier d'entreprise

Au deuxième trimestre 2015, le prix moyen du m² à la location dans les bureaux d'Ile-de-France s'élève à 316 euros. Il est en hausse sur trois mois (+1,9%) après un recul de 1,6% au trimestre précédent. Il retrouve ainsi son niveau du premier trimestre 2014. Découvrez le détail de tous les prix de l'immobilier d'entreprise en Ile-de-France.

Infographie / Loyer